«Une deuxième chance avec son ex, ça se peut? Je fantasme depuis 2 ans. On a reconnecté. On a baisé… Là, on va juste déjeuner. Je suis insécure quand on ne se parle pas pendant 2 jours. J’ai tu envie de retourner en couple avec mon ex? Non..! J’ai plus 20 ans..!»

Caroline

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Ah l’ex qui nous reste dans l’coeur!
L’ex, l’ex l’ex…!
Cette belle grande couverture qui nous réchauffait à un certain moment de notre vie et qui, pour des raisons personnelles/relationnelles/existentielles a disparu. Cette belle grande couverture qui nous revient tendrement à l’esprit quand il fait frette. Malgré le réconfort possible provenant d’autres petites couvertes, celle-là nous paraissait dont plus chaude, plus douce…
Elle avait probablement des maudits défauts et nous faisait peut-être rusher considérant que la revêtir sur une base régulière n’était plus viable, mais qu’est-ce que vous voulez? On garde souvent cette nostalgie sensorielle, sensuelle, pouvant alimenter notre fantasmatique.

Et là, ÇA Y EST.
COUP DE THÉÂTRE!

L’être Snuggie revient sans crier gare.
Il nous caresse la face, le corps, le coeur. On s’roule dedans l’instant d’un soir. D’un autre soir. Puis d’un matin. C’est vrai que c’était doux! C’est vrai que c’était l’fun!

Dans ton cas, Caroline, je me dis «Dieu du ciel! Après deux années à fantasmer, cette reconnexion «baises + 2 œufs tournés-jambon-saucisses + correspondance régulière» doit déclencher un état total enivrant se rapprochant du plus haut sommet de l’excitation excitante!».

A-t-on vraiment envie de replonger dans cette relation, celle-là même qui, once upon a time, nous égratignait peut-être le dos dû à sa rudesse?

Et parlant d’enivrement, je comprends que c’est là qu’on peut sentir que le vertige nous prend et qu’on perd le cap. «Que c’est ça?!» + «J’vois-tu clair?» + «Où est-ce qu’on s’en va?» deviennent des questionnements récurrents.

A-t-on vraiment envie de replonger dans cette relation, celle-là même qui, once upon a time, nous égratignait peut-être le dos dû à sa rudesse ou nous faisait peut-être suer plus qu’on s’en souvient? Est-ce que les pièces de casse-tête «sexe» / «déjeuners» / «correspondance» s’imbriquent et peuvent donner une image relationnelle durable ou elles représentent des beaux morceaux de vie à apprécier indépendamment?

Qu’est-ce qu’on fait avec ça, pour l’amour!?

Arpentant les Internets à la recherche de données pertinentes pouvant déclencher une épiphanie, j’ai documenté la problématique. Voici donc un résumé des éloquents conseils évoqués:

Ce sera un échec: les choses vont revenir comme elles étaient! // Ça peut être un succès: les choses ont changé!

Parlez de votre rupture passée, mettez des points sur les i et des barres sur les t! // Chut chut chut! Ne parlez pas de votre relation passée et recommencez à neuf!

«Overthinker», c’est vrai que c’est quelque chose qu’on fait probablement davantage suite à nos 20 ans.

Demandez à vos amis ce qu’ils en pensent pour avoir un regard externe, vous n’avez pas de recul! // On s’en fout de l’avis des autres, ils vous jugeront, c’est certain!

Hum hum hum… N’étant point dotée de pouvoirs divinatoires (hélas), je ne peux me positionner tel l’oracle en te disant «PLONGE!» ou «NE PLONGE PAS!». Mais tu sais, un jour, une illustre philosophe (ok, Tina Fey…) a dit : “You can’t be that kid standing at the top of the waterslide, overthinking it. You have to go down the chute”.

«Overthinker», c’est vrai que c’est quelque chose qu’on fait probablement davantage suite à nos 20 ans. On anticipe les risques, on est possiblement plus lucides, on s’est peut-être brûlé la peau sur la maudite glissade, on a peut-être pogné un flat à la fin de la ride ou pire, on s’est fait croquer le bas du corps par des piranhas en arrivant dans l’eau (et si on ne les avait pas vus venir, ça se peut qu’on les redoute encore plus).

On s’entend que depuis votre relation, Apple a sorti 82 modèles de iPhone, on a découvert des planètes et Marie-Mai a accouché. Les choses se passent!

Mais des fois là, c’est à nous d’y aller… C’est à nous d’aller (re)explorer, d’aller (re)constater.
Et au pire… au pire du pire du pire, quand même qu’on prendrait le risque d’en arriver de nouveau à la même finalité, qu’est-ce que ça va faire, outre qu’on va se dire «meh, j’m’en doutais bien que ça pouvait arriver…»?

C’est certain que si vous arriviez exactement dans la même prédisposition, dans le même contexte, collés au même vécu, vous reproduiriez exactement le même pattern. Mais on s’entend que depuis votre relation, Apple a sorti 82 modèles de iPhone, on a découvert des planètes et Marie-Mai a accouché. I mean… des choses se passent!
Vous avez bien le droit de vous redécouvrir!

Retourner avec son ex ce n’est pas nécessairement un recul.

Entre se garocher aveuglément dans l’histoire sans réfléchir et rester immobile en haut de la glissade en sur-réfléchissant, il y a un juste milieu: la petite analyse de terrain est toujours utile avant de se swinguer dans l’aventure. Dans ce temps-là, on y va avec l’état des faits. Tout dépend de ce que tu veux, viscéralement, dans le fin fond de ton dedans. Tout dépend aussi de ce qu’il veut. Et tout dépend de ce que ce mixte d’attentes peut donner.

À travers tout ça, peu importe l’issue de votre histoire, une chose est certaine: retourner avec son ex ce n’est pas nécessairement un recul. Des fois, c’est justement ce que ça prend pour nous permettre de continuer d’avancer.

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Vous avez envie de partager un questionnement existentiel affectico-émotivo-relationnel-sexuel? Le courrier du coeur du Filles d’Aujourd’hui vous manque? URBANIA est à la rescousse! N’hésitez pas à envoyer vos questions en toute confidentialité à Julie Lemay, notre collaboratrice spécialisée en sexologie, qui répondra chaque mois à vos demandes (même les plus hurluberlues) à travers la rubrique «C’tu normal si…»: [email protected]

 

 

Pour lire un autre courrier du coeur de Julie Lemay: «C’tu normal si… Je tombe en amour après le sexe».