Ah, la littérature! Cette chose si simple, mais si compliquée à la fois! Pourtant, prenons un livre: tout le monde connait l’objet. Mais la littérature, c’est quoi au juste? Les études littéraires, trop souvent reléguées à la catégorie «quossa donne», constituent un concept flou pour beaucoup de personnes. Un de mes patrons m’a déjà dit: «Le dernier livre que j’ai lu, c’était sans doute au secondaire!» La joke, c’est que ce n’est probablement pas le seul à se trouver dans cette triste situation.

Histoire d’être plus à l’aise lors de votre prochaine discussion avec votre libraire de quartier!

Pour ma part, j’ai dû souvent répondre à des questions du type «Tu vas faire quoi avec des études en littérature?» D’autant plus que la littérature constitue ma deuxième carrière, un intérêt que j’ai développé sur le tard.

Certes, j’ai appris à lire à 5 ans comme toute enfant unique qui s’emmerde, mais cependant, le goût de l’histoire de la littérature, de ses genres, de ses styles, de ses auteur.e.s, de ses courants, m’est venu plus tard.

Je vous présente donc humblement un lexique de la littérature, histoire d’être plus à l’aise lors de votre prochaine discussion avec votre libraire de quartier!

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Littérature

En gros: des mots. Sur une page. Ou un écran. Ou un mur. N’importe où. Des mots qui font du sens pour la personne qui les lit. Ou pas. Des mots beaux, laids, bizarres, simples, compliqués. Comme dirait Patsy dans Absolutely Fabulous: «But is it art?» Moi, à cette question, je réponds toujours oui.

Genres littéraires

Vous aurez compris que je ne joue pas vraiment à la police de la littérature. J’ai trop vécu d’élitisme inutile pour me proclamer à mon tour papesse du savoir littéraire. Donc, je dirais simplement qu’un genre littéraire, c’est une catégorie. Une étiquette. Ça permet aux lecteurs et lectrices d’identifier rapidement comment est construite une œuvre donnée. Exemple de genres: poétique, narratif, théâtral, graphique… Les genres littéraires sont utiles quand on parle de production littéraire, mais d’un point de vue personnel, ce n’est pas nécessaire d’avoir un genre favori. Tu aimes ce que tu lis? Cool, c’est l’important.

Style

Le style, c’est un peu la façon dont est écrite une œuvre. Le style peut être dicté par le genre, mais pas nécessairement. Le style peut se faire sentir à travers le champ lexical, la ponctuation, la syntaxe… Est-ce que le style s’apprend? Grosse question. Certaines personnes diraient que non, mais j’ai pour ma part une position assez nuancée.

C’est un peu le même débat qui entoure l’existence de programmes de création littéraire au Cégep ou à l’université: utiles ou non? Alors qu’une chorale de comptables sans âmes s’exclame que ce n’est pas avec des études en littérature qu’on fait des enfants forts, je réponds pour ma part: you can go your own way, bébé (notez la rime, oh-so-littéraire).

Métaphore

Dispositif poétique qui sert à mélanger les plus faibles. MAIS NON, JE BLAGUE. En gros: utiliser une chose pour parler d’autre chose. C’est semi-clair? Exemple: Il fait noir comme dans le cul d’une vache. Oui c’est vulgaire. Oui c’est une métaphore. Et BAM! À qui la poésie? À nous la poésie!

Poésie

Genre littéraire détesté par ceux et celles qui ont été forcés d’en lire par des profs du secondaire pas du tout à jour sur le sujet. Ces traumatisé.e.s de la poésie gagneraient à s’actualiser et à lire des auteur.e.s québécois.e.s contemporain.e.s publié.e.s dans des maisons d’édition à l’affût des nouveaux talents, comme La Peuplade, Les Éditions de l’Écrou, Tryptique, Poètes de Brousse, La Tournure, et j’en passe. Je jure que « poésie » ne rimera plus jamais exclusivement avec «Ah comme la neige a neigé».

Autofiction

Genre littéraire souvent associé à la littérature des femmes, malheureusement snobées de la même façon qu’un journal intime d’adolescente. Voir: Nelly Arcan, Marie-Sissi Labrèche, Chloé Delaume. Or, comme on l’a appris plus tôt, on se fout généralement des genres littéraires et plus particulièrement de la question: «Oui, mais, ça t’es-tu VRAIMENT arrivé?» Zzzzzzzzzzzz. Prochaine question!

Salon du livre

Traduction en langage de visiteurs: foire sauvage où on vous donne des coups de BD rigide dans les genoux et où votre enfant se retrouve à faire le bacon sur le tapis rouge de Flammarion après 2h de tournage en rond.

Traduction en langage d’auteur.e.s: 5 à 7 interminable, weekend du démon, boozing schmoozing littéraire.

Autrice

Féminin de «auteur», tout comme «auteure». La différence? Certaines personnes préfèrent le mot autrice au mot auteure, puisqu’à l’oral, auteure ne sonne pas différent de son pendant masculin. À noter: le mot autrice est reconnu par l’Office Québécois de la langue française. Pour ceux et celles qui trouvent ça laid: triste de constater que vous vous figez dans «le masculin l’emporte sur le féminin» et autres conneries qui devraient changer, because it’s 2017.

Séance de dédicaces

Moment où les auteur.e.s boivent du vin en dirigeant les gens perdus vers les toilettes. Si tu es Marie Laberge: moment glorieux où les gens te racontent leur vie en bafouillant devant le monument québécois que tu es.

Vous en voulez plus (bruit de foule en délire)? Maintenant que vous connaissez le vocabulaire de base, je vous invite à consulter la programmation de la 19e édition du Festival littéraire international Metropolis Bleu, un festival littéraire aux nombreuses thématiques: enjeux LGBT, féminisme, famille et enfants, littératures du monde… Et à la question «La littérature, quossa donne?», vous pourrez répondre: «DU GROS FUN!»

Pour lire un autre texte de Marie Darsigny: «Le petit lexique du féminisme».

  • pissdrunkmafia

     »Il fait noir comme dans le cul d’une vache » c’est une comparaison, pas une métaphore. On jase.