«Ils ne sont pas capables de se décider.» «Ils veulent tout avoir.» «Il n’assument pas encore leur homosexualité.» Voici seulement quelques fausses croyances, faits et anecdotes intéressantes sur les gens bisexuels. Voici un extrait du magazine de l’émission Sexplora sur la bisexualité!

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C’est officiel! Wonder Woman est bisexuelle

Lors d’une entrevue réalisée en septembre 2016, Greg Rucka, auteur des éditions actuelles de la bande dessinée Wonder Woman, a affirmé que la superhéroïne est d’orientation bisexuelle. Elle rejoint donc Harley Quinn et Catwoman, deux personnages de l’univers de Batman ayant elles aussi des attirances pour les hommes et pour les femmes.

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Être à voile et à vapeur

Parfois utilisée pour qualifier la bisexualité, l’expression «être à voile et à vapeur», référant à deux modes de propulsion nautique, possède d’obscures origines. On raconte qu’elle ferait allusion aux marins d’autrefois, qui, lors de longs voyages en compagnie d’un équipage masculin, pouvaient avoir des comportements sexuels homoérotiques tout en revenant auprès de leurs conjointes lors de leur retour sur la terre ferme.

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Les milléniaux sont-ils plus nombreux à se considérer bisexuels?

Cette question a été posée à la suite de la publication d’un sondage réalisé en Angleterre, concluant que 43% des jeunes de 18 à 24 ans se positionnent entre 0 et 6 sur l’échelle de Kinsey (donc ils n’adoptent ni des comportements strictement hétérosexuels ni des comportements strictement hétérosexuels). En comparaison, seulement 7% des 60 ans et plus se positionnent entre les deux extrêmes. On associe cette réalité au contexte social actuel faisant preuve de plus d’ouverture quant à la diversité, ce qui amènerait les jeunes à exprimer plus ouvertement leurs préférences sexuelles.

Voici d’ailleurs les 7 niveaux d’orientation sexuelle de la célèbre échelle de Kinsey

0 = Exclusivement hétérosexuel
1 = Largement hétérosexuel, mais avec quelques expériences homosexuelles
2 = Largement hétérosexuel, mais avec plusieurs expériences homosexuelles
3 = Également hétérosexuel et homosexuel
4 = Largement homosexuel, mais avec plusieurs expériences hétérosexuelles
5 = Largement homosexuel, mais avec quelques expériences hétérosexuelles
6 = Exclusivement homosexuel

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La bisexualité: Entre l’être et le paraître

Lorsqu’un individu est en couple avec une personne de même sexe, on a tendance à croire qu’il est homosexuel. Lorsque quelqu’un partage sa vie avec une personne du sexe opposé, on présumera bien souvent qu’il est hétérosexuel. La bisexualité peut donc être une orientation qui se vit, mais ne se voit pas: seulement 28% des bisexuel(le)s rapportent d’ailleurs que les gens les plus importants de leur vie connaissent véritablement leur orientation. Pourtant, une étude américaine conclut qu’ils-elles représentent 52 % de la communauté lesbienne, gaie et bisexuelle. Cette réalité leur a d’ailleurs valu le qualificatif de majorité silencieuse.

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Histoire de cul: L’usage du terme bisexualité au cours de l’histoire

Issu du préfixe bi (deux) et du terme latin sexus (sexe) le terme bisexualité a d’abord été utilisé en botanique, pour qualifier les plantes possédant les deux organes, puis en anatomie pour désigner les personnes hermaphrodites. C’est en 1877 que le juriste et journaliste Karl-Heinrich Ulrichs l’associe au vécu sexuel, la confondant toutefois avec l’homosexualité. Il faut attendre quelques années pour qu’en 1886 le psychiatre Krafft-Ebing identifie la bisexualité comme une orientation à part entière. Malgré cette avancée, une certaine confusion persiste puisqu’il la confond partiellement avec le transsexualisme. Le flou conceptuel a persisté plusieurs années et, par le fait même, l’existence de la bisexualité a souvent été remise en cause.

C’est véritablement en 1948, grâce à l’échelle de Kinsey, que l’orientation sexuelle a été déclinée clairement sur un continuum de 7 catégories. Comme l’échelle est basée strictement sur les comportements sexuels, Klein, en 1993, en a proposé une adaptation qui considère aussi l’univers fantasmatique, l’attirance sexuelle et les préférences de style de vie.

Ces multiples efforts de catégorisation mettent en lumière le fait que cette orientation sexuelle est très diversifiée et que finalement, il y a autant de façons de vivre sa bisexualité qu’il y a d’hommes et de femmes bisexuels.

Pour consulter le magazine complet, c’est par ICI!

 

 

Pour lire un autre texte de Julie Lemay: «Quelques faits surprenants sur la vulve, le clitoris et le poil pubien».

  • Sophie

    J’aime bien ce texte ! Il explique plusieurs choses mais, corrigez moi si je me trompes, mais je crois avoir vu quelques erreurs  » techniques » si on veut. Quand vous avez dit dans la partie La bisexualité : entre l’être et le paraître « … La communauté lesbienne, gai et bisexuel  » parliez vous seulement de ces trois orientation ou de la communauté LGBT+, car vous auriez oublié le T pour les personne transgenre. Aussi, vous avez dit hermaphrodite, mais le terme est intersexe. Hermaphrodite voulant dire avoir 2 appareils génitaux externes, ce qui n’est pas vraiment possible. Je ne fais que dire pour éviter quelques prochaines erreurs (si je ne me trompes pas et que vous en avez fait). Mais merci pour cette ouverture sur la communauté bisexuelle!

  • Pierre Girard

    Bonjour Julie,
    Article très intéressant!
    Je voulais toutefois signifier qu’il y a une petite coquille qui s’est glissé dans le paragraphe sur les milléniaux.
    L’étendue semble aller de strictement hétéro à strictement hétéro…

    Bonne journée!