Ancien judoka, Olivier Aubin-Mercier fait aujourd’hui son ascension dans le monde des arts martiaux mixtes. Il se démarque dans l’octogone avec fougue et personnalité. On a demandé à un collaborateur de mesurer l’ampleur du talent de l’athlète en faisant un entraînement avec lui. Sa réponse? «Ben oui! J’ai toujours rêvé de me faire casser la gueule par un gars de l’UFC!» Récit d’un avant-midi au gym.

TEXTE PHILIPPE CÔTÉ-GIGUÈRE
PHOTOS DAPHNÉ CARON

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Cet article est tiré du magazine Spécial Extraordinaire, disponible sur notre boutique en ligne.

 

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Le rendez-vous avec Olivier Aubin-Mercier, savamment orchestré en deux-trois textos avec son agent, a lieu aujourd’hui, par un mardi frette de janvier. J’arrive donc au Gym Tristar, situé dans Côte-des-Neiges, pour assister à un de ses entraînements. On dirait le bloc appartement que louaient mes amis à l’université… pas un centre sportif où certains des meilleurs athlètes en arts martiaux mixtes du Québec apprennent à rendre d’autres humains inconscients en mélangeant boxe et lutte.

Olivier fait partie des combattants très prometteurs du championnat et, qu’en plus, il est Canadien — ce qui constitue une denrée rare pour l’UFC.

Au 3e, où le gym occupe tout l’étage, le plancher est recouvert de tapis bleus, pareils à ceux sur lesquels j’essayais de faire des roues latérales en deuxième année. J’aperçois les deux arènes de la place: l’une rectangulaire, tout au fond; l’autre en plein centre, de forme octogonale, identique à celles qu’on trouve dans les événements officiels de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la plus importante ligue d’arts martiaux mixtes au monde. Olivier est déjà là, en train de mettre l’équipement de protection dont il a besoin pour sa séance quotidienne de sparring (combat libre où l’on ne vise pas à blesser l’adversaire).

En attendant que l’entraînement commence, je pique une jasette avec son agent, qui m’explique que le Québécois de 27 ans devrait prendre part à un combat d’envergure d’ici deux ou trois ans. «Ils veulent pas brûler ce genre de gars-l », qu’il me dit en m’expliquant qu’Olivier fait partie des combattants très prometteurs du championnat et, qu’en plus, il est Canadien — ce qui constitue une denrée rare pour l’UFC. Cette dernière est donc très prudente quant à son cheminement et veille à ce que le jeune homme monte tranquillement, mais sûrement les échelons des poids légers, sa catégorie.

Les échelons, dans l’UFC, ça fait un peu plus de deux ans que le natif de la Rive-Sud les gravit, un combat à la fois. C’est après avoir participé à la finale de la téléréalité canado-américaine L’ultime combattant (diffusée sur Fox Sports) que le jeune Bouchervillois a signé un contrat le liant à la prestigieuse organisation d’arts martiaux mixtes. Depuis ce temps, il consacre tous ses efforts à atteindre son rêve, soit celui de devenir champion.

 

J’entends frapper

Une fois les gants, les protège-tibias, le casque et le protège-dents enfilés par la quinzaine d’athlètes présents, Firas Zahabi, entraîneur en chef et grand manitou du Gym Tristar (et ancien coach de Georges St-Pierre, alias GSP), leur fait un speech. Work, le titre de la chanson de Rihanna, résume bien le tout.

Le signal est donné et la ronde de sparring commence. Olivier et son adversaire s’étudient un peu avant que le premier coup ne soit donné. Celui que l’on surnomme le «Québec kid» n’est pas un spécialiste du combat debout, mais ça ne l’empêche pas de cogner solidement son opposant. Je vous confirme que même équipés d’un casque et d’un mouthpiece, les deux gars sont secoués et grimacent à chacune des frappes à la tête. Deux ou trois minutes s’écoulent. La cloche annonce la fin de la ronde; les partenaires se félicitent en reprenant leur souffle.

L’athlète est un expert au sol (particulièrement en soumission), en raison de sa maîtrise du judo!

Le petit manège se répétera quelques fois avant qu’Olivier entre dans la cage octogonale pour la suite de son entraînement. J’en profite pour aller enfiler mes vêtements de sport au vestiaire avant de revenir dans l’enclos géant, prêt pour la partie  je n’aurais jamais pensé accomplir ça dans ma vie» de ma mission: me faire faire une soumission par Olivier Aubin-Mercier. Précisons, pour les néophytes, qu’il s’agit de dominer son adversaire en exerçant une pression excessivement douloureuse sur certaines parties névralgiques de son corps (la gorge ou les articulations, par exemple).

Pour ceux qui l’ignorent, l’athlète est un expert au sol (particulièrement en soumission), en raison de sa maîtrise du judo, discipline qu’il pratiquait à un tout jeune âge, et du jiu-jitsu. C’est d’ailleurs avec une soumission de type rear naked choke (RNC, ou «étranglement arrière», en français) qu’il a remporté sept de ses neuf victoires en tant que pro.

 

Mortal Kombat… ou presque

«Je vais te faire une RNC. Assis-toi par terre.» J’obtempère aussitôt, de peur qu’il mette plus de pression que prévu quand viendra le temps de m’étrangler. Aubin-Mercier s’assoit derrière moi, comme si on recréait la scène de poterie dans Mon fantôme d’amour, mais avec plus de violence et moins d’argile.

«Bon, là, je passe un bras sous le tien et l’autre par-dessus. Après ça, je te fais tomber sur le côté.» À date, c’est pas trop stressant. «Une fois que c’est fait, mon bras qui était sous le tien, je le passe par dessus et je le place comme si je voulais te faire un fuck you avec mon bras. Ensuite, je le replie et je viens mettre ma main derrière ton cou.» Ça y est, je suis pris, complètement à sa merci.

«Là, j’ai juste à serrer…» Une demi-seconde de pression et je vous confirme qu’au chapitre des trucs pas cool, ça se situe entre «se pogner un doigt en fermant une porte d’auto, celui-là même souffrant d’un ongle incarné» et «se clancher la discographie d’Enya en se faisant détartrer les dents».

 

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