Avec ses 2,2 millions d’habitants, ses utilisateurs du métro  et ses pigeons bien trop à l’aise, Paris ne m’a jamais fait rêver.

Mais bon, je suis né et j’ai grandi à Marseille, donc la rivalité entre Marseille et Paris y est peut-être pour quelque chose… Bien que non fan de foot, cette rivalité est ancrée chez nous inconsciemment depuis tout petit. Entendre  »Paris, Paris, on t’encule » à tous les samedis, ça te forge un spirit. Un peu comme la rivalité Québec-Montréal quoi.

Développer une vision nouvelle de nos villes dans le futur.

Mais depuis quelque temps Paris me séduit et à l’inverse des touristes chinois, ce n’est pas pour me prendre en selfie devant la Tour Eiffel.

Un espace-temps idéal

Suite à la fermeture de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul (une des plus grandes maternités de Paris) et avant sa transformation en logement social, prévue cette année, plusieurs collectifs ont pris possession du lieu pour y développer le projet des Grands Voisins.

Dans cet hôpital en pleine réhabilitation, des personnes en besoin d’hébergement occupent déjà les lieux et la place restante est occupée par des artistes, des inventeurs, des utopistes, des artisans et des projets associatifs, plutôt que d’être condamnée.

Un lieu de mixité, de partage et de création en plein Paris.

Ce  »laboratoire urbain », comme le surnomme le site Les Grands Voisins, est libre d’accès et a déjà mis en pratique plein d’idées toutes plus cool les unes que les autres, comme le relatait My Little Paris!

Le café en attente, ou café suspendu à Paris.

Initialement née à Naples, l’idée consiste à payer pour un café, mais ne pas le boire et le laisser à la disposition de quelqu’un qui n’en aurait pas les moyens. Ce café payé, mais pas consommé est ensuite inscrit sur une ardoise et si une personne sans le sou passe par là et voit cette ardoise, elle pourra commander un café.

Un bon café et un bon karma en même temps!

 

La monnaie-temps.

En bons utopistes, les occupants du lieu cherchent des alternatives à l’argent tel qu’on le connaît aujourd’hui. Pour payer, les habitants utilisent leur temps. Par exemple, si quelqu’un a travaillé pendant 1h en cuisine, il recevra un billet d’1h avec lequel il pourra se payer une coupe de cheveux ou prendre des cours de photo!

 

La cantine solidaire.

Au sein même de l’hôpital, la cantine des Grands Voisins est ouverte à tout le monde pour bruncher, étudier ou juste chiller et propose un modèle solidaire. C’est-à-dire que les employés de la cantine sont des personnes en réinsertion sociale, qui se forment aux métiers de la restauration.

 

La vélo-laveuse ou vélomatic.

Bon ce n’est pas le nom officiel, mais je trouvais que ça sonnait bien. C’est une machine à laver qui fonctionne uniquement à la force des jambes! C’est assez simple à expliquer, mais ça devait être moins simple à inventer!

 

La serre aquaponique.

Faire pousser des plantes grâce aux poissons et faire vivre des poissons grâce à ces mêmes plantes. Ou l’inverse. En gros, les poissons sont nourris grâce aux déchets de la cuisine. Leur caca sert d’engrais aux plantes. Les plantes purifient l’eau. Les poissons font donc encore plein de caca. Et d’autres plantes poussent alors. Puis les poissons…. Vous avez compris le truc!

 

Le DJ solaire.

Cédric, le gars au grand sourire sur la photo, a construit le Solar Sound System, un tourneur de vinyle sur vélo, qui fonctionne à l’énergie solaire. Ainsi, la machine a deux sources d’alimentation: le soleil quand il fait beau, les mollets quand il fait nuit!

Si vous aimez ce que vous lisez, les Grands voisins ont lancé une auberge/camping au sein de l’hôpital, donc si vous êtes de passage à Paris, allez passer une nuit là-bas et profitez-en pour laver votre linge en pédalant … ou écouter des vinyles!

 

 

Pour lire un autre texte de Fabien Kerneis: «Banksy s’installe en Palestine avec le Walled off hotel».