Aucun animal ne semble aussi inspirant pour les artistes des quatre coins du monde que le chat, qui se fait chanter la pomme depuis des siècles, en japonais comme en italien.

Tour d’horizon des chats fictifs les plus connus et racontés.

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Belgique – Le Chat

Le chat du voisin du bédéiste Philippe Geluck était tellement obèse qu’il n’arrivait jamais à se faufiler où il voulait aller. C’est dans ce souvenir d’enfance que l’artiste à trouvé matière à tracer les contours de son antihéros, créé en 1983. Irrévérencieux et brillamment épais, Le Chat (de la bande dessinée du même nom) carbure aux tabous : homosexuels, jihadistes, #lesgens. Le populaire félin belge n’a clairement pas la langue dans la poche de son veston-cravate.

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ITALIE – Duetto buffo di due gatti

La preuve que même dans les années 1800, on se faisait du gros fun avec les chats : le Duetto buffo di due gatti, ou « duo des chats » — que Gioachino Rossini n’a pas écrit (mais qu’on lui associe quand même). De style opéra dont les paroles sont uniquement des miaulements, mais chantés par des humains, c’est sûrement l’une des pièces classiques les plus what the f*ck que la Terre ait créées — et supportées. –

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Suède/Pologne – Maus

C’est parce que des écrits antisémites qualifiaient les juifs de « vermine de la société » et que le chat et la souris sont deux ennemis naturels que Art Spiegelman, né en Suède de deux parents juifs d’origine polonaise, a choisi d’utiliser le chat et la souris pour raconter l’histoire de son père pour Maus. Dans ce roman graphique d’abord publié en 1986, les Juifs deviennent des souris tandis que des chats représentent les nazis allemands, qui ne voient aucun mal à les exterminer. Si cette déshumanisation a rendu frileux de nombreux éditeurs à publier cette œuvre, l’inclassable Maus a remporté un Pulitzer. Dans leur face.

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États-Unis, New-York – Smelly Cat

L’ode à la litière Smelly Cat, chanté par Phoebe Buffay (personnage interprété par Lisa Kudrow) dans la saison 2 de Friends, a survécu à la fin de la série. Des paroles niaiseuses (Chat qui pue, chat qui pue/Qu’est-ce qu’ils te donnent à manger?), une musique catchy, un vidéoclip intense, bref, la chanson est devenue un moment inoubliable de la populaire série des années 1990 rediffusée sur Netflix. Grande « fan » de l’émission, Taylor Swift a invité Kudrow à l’interpréter sur scène avec elle à la fin de sa dernière tournée. –

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Québec – Belzébuth

Belzébuth, c’est un 10 minutes d’opéra rock des Colocs paru sur leur album Dehors novembre, inspiré d’un conte que Dédé Fortin avait écrit pendant ses études. Mais c’est aussi un chat de maison qui reluque la ruelle. Il décampe lorsqu’il entend ses maîtres bobo fomenter sa castration et son drégiffage. Il a le temps de frayer avec la racaille et de forniquer avec une minette pour finalement crever, heureux d’avoir pu goûter à la liberté.

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Grande-Bretagne – Cat Stevens

Eh oui, il y a bien un lien entre les chats et le chanteur de Moon Shadow, qui craignait de ne pas vendre bien des albums sous son nom de naissance, Steven Demetre Georgiou. Comme sa blonde trouvait qu’il avait des yeux de félin et que les gens adorent les minous, il a choisi de s’appeler Cat Stevens. Il a d’ailleurs vendu pas mal plus d’albums sous ce nom qu’avec Yusuf Islam, l’autre nom de scène qu’il s’est donné en 1978 quand il s’est converti à l’islam.

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France et Algérie – Le Chat du rabbin

La prémisse est parfaite : un chat dévore le perroquet de son maître, un rabbin à Alger, et se met à parler. Sauf qu’il ne fait que mentir tout le temps. Le rabbin essaie de lui enseigner la Torah, mais ce mécréant de chat doute de l’existence de Dieu. Le héros de cette série de bande-dessinée est un chat philosophe, amoureux fou de sa maîtresse. Un petit menteur dont les aventures en six tomes ont quand même été achetées plus d’un million de fois.

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Japon – Hello Kitty

Ce personnage japonais est sûrement le seul chat fictif capable de nous tirer des frissons de dégoût tout en portant un joli petit ruban rose. Créée en 1976 pour une bande dessinée télévisée, la chatte japonaise fait l’objet d’une espèce de culte qu’on s’explique bien mal. Juste sa description sur le site officiel nous donne envie de crier : « Elle pèse l’équivalent de cinq pommes et collectionne des choses mignonnes ». Voici qui heurte toutes les fibres cyniques de notre être.

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France – Le Chat noir

Il s’agit d’abord d’un célèbre cabaret de Montmartre, à Paris, fondé en 1881, simplement nommé en l’honneur d’un chat qui rodait devant la première adresse de l’établissement. Rapidement, le bar est devenu la résidence secondaire des artistes de Paris, inspirant entre autre une chanson à Aristide Bruant, connu comme l’un des premiers chansonniers francophones, et une affiche (la Tournée du Chat noir) qui décore les crêperies milieu de gamme de Longueuil depuis des décennies.

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Pour lire la suite du magazine spécial chats, c’est par ici: «Palmarès des meilleurs prénoms de chats».