Cette année, c’est le 375e de Montréal, et comme vous pouvez le constater sur la photo d’en-tête de cet article, prise quelque part entre 1890 et 1902, la ville a pas mal changé au courant des dernières décennies.

La même vue à partir du Mont-Royal, mais pas mal plus récente.

 

Les immeubles qui poussent comme des champignons, c’est pas mal typique du développement d’une métropole moderne. Mais au-delà de son inévitable croissance et expansion, qu’est-ce qu’on connaît mal de l’histoire de Montréal?

Voici quatre aspects intéressants qu’on ne se rappelle pas avoir appris à l’école…

1. Montréal ou Ville-Marie?

Parlant d’école : moi, dans mes souvenirs, Jeanne Mance et Paul de Chomedey avaient fondé en 1642 une colonie de missionnaires qui s’appelait Ville-Marie, pas Montréal. On nous mentionnait bien que c’était devenu plus tard Montréal, mais sans trop préciser comment.

En fait, c’est un peu comme le mot « gaminet » : on a tenté de donner un nom « officiel » (Ville-Marie) à un endroit qui avait déjà un nom « officieux » (Montréal), et comme on appelle encore aujourd’hui un t-shirt un t-shirt, on a pas mal toujours appelé Montréal de cette façon.

 

Sérieux, qui utilise ce terrible mot, mis à part ce jeune YouTubeur apparemment?

 

C’est qu’avant que les missionnaires soient envoyés en Nouvelle-France, Jacques Cartier était passé sur le Saint-Laurent en bateau en 1535 et a eu un crush sur une jolie montagne qu’il a vue.  « Parmi ces campagnes, est située et assise la ville de Hochelaga près d’une montagne aux alentours labourés et fort fertiles et sur laquelle on voit fort loin. Nous nommâmes cette montagne le Mont-Royal », raconte-t-il dans ses récits de voyage.

Je vous épargne les explications linguistiques, mais « Mont-Royal » et « Montréal » sont essentiellement synonymes. Et le jour où il a gravi la montagne pour « voir fort loin », Cartier était avec le fils du seigneur de Montréal en Aquitaine, d’où ce choix de nom.

Il y a tellement de Montréal en France qu’il y a une association!

Parce que oui, si vous avez écouté Infoman récemment vous le savez, des Montréal, y en a beaucoup sur la planète, comme le Montréal au Sénégal par exemple, où Jean-René Dufort s’est rendu.

Faque ouin. Special snowflake peut-être pas, mais on est le plus gros Montréal du monde, c’est ça de gagné.

 

2. Un camp de concentration sur l’île Sainte-Hélène

Vous avez bien lu : avant d’accueillir l’Expo 67, la Ronde et un parc, l’île Sainte-Hélène a servi de camp de concentration.

C’est certes un petit passage de notre histoire qui est fort peu publicisé. C’était essentiellement un endroit où étaient gardés captifs entre 1940 et 1943 des marins marchands italiens, des réfugiés ainsi que potentiellement des prisonniers de guerre allemands envoyés par la Grande-Bretagne.

Pas un camp de la mort non plus.

C’est en vertu de la Loi sur les mesures de guerre que de tels emprisonnements étaient possibles : 80 000 Canadiens « d’origine étrangère » ont d’ailleurs été enfermés partout au pays durant la Seconde Guerre mondiale, afin de combattre « l’ennemi intérieur ».

Triste époque qui se vivait surtout dans les régions : on tentait d’éviter les camps situés trop près des grandes villes. De plus gros établissements du genre se trouvaient au Québec à Farnham, Sherbrooke, Grande-Ligne ou L’Île-aux-Noix.

*Le camp de concentration de Spirit Lake, en Abitibi, mis sur place pendant la Première Guerre mondiale, est aujourd’hui ouvert au public pour des visites. Pour Montréal, difficile de trouver ne serait-ce qu’une photo…

 

 

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