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Je l’ai vue apparaître sur mes réseaux sociaux il y a environ 6 mois. C’est d’abord l’esthétique de son visage qui m’a attirée. J’aime ses cheveux roux et gonflés (ses photos sont en noir et blanc, mais les roux, on se reconnaît entre nous!). Ensuite, j’ai accroché sur ses photos à haute charge érotique.

Sur Instagram, des photos sexu, il y en pleut, mais Valerie se démarque parce qu’il y a quelque chose d’envoûtant chez cette artiste multidisciplinaire de Québec. Elle porte une attention particulière à l’ambiance, à la lumière, au grain de la photo. Ça semble être aussi instinctif que travaillé.  

Vendredi dernier, elle lançait l’excitant teaser de son premier film érotique qui sortira entre le 25 décembre et 1er janvier. 

Elle m’intriguait trop, il fallait que je lui pose quelques questions, mais d’abord… on regarde!

 

Comment définis-tu ce que tu fais? C’est de l’art, de la porn, un hybride?

Si l’on porte une analyse profonde sur l’œuvre, on perçoit un certain refus de se plier aux normes et aux règles, suivi d’un désir de célébrer la sexualité sous toutes ses formes. Et si on analyse l’aspect visuel, on voit une sorte d’érotisme-poétique-subtil, ainsi que des corps souvent nus (ou presque). Mais bien sûr, tout le monde peut se faire sa propre interprétation et c’est bien comme ça.

D’où vient le désir de te mettre en scène avec ton amoureux?

Au départ, je faisais de l’autoportrait intuitivement, sans réellement savoir que je faisais de l’autoportrait. C’est étrange à dire, mais avec le recul et l’analyse, j’ai compris pourquoi je devais continuer à le faire. C’est un travail profondément intime, sensible et fondé sur la recherche perpétuelle du soi. La photographie est ma seconde peau finalement. Et quand l’urgence se manifeste, je suis toujours à portée de main, ainsi que mon partenaire avec qui j’ai une relation profondément intime.

Cette année, au Québec, on a beaucoup parlé de culture du viol, de mouvement féministe. Exit les femmes-objets, svp. Comment s’inscrit ta démarche à l’époque dans laquelle on vit?

Je vois ma démarche comme un bruit. Un bruit subtil, mais nécessaire. Et le fait d’avoir vécu la violence misogyne à l’extrême m’a fait comprendre que la lutte contre le sexisme n’est pas seulement nécessaire, elle est urgente.

Dernièrement, tu as posté un statut sur facebook qui dénonçait les messages négatifs que tu recevais (salut, le slut-shaming!) Qu’est-ce que tu as envie de répondre à ces gens?
Je ne leur dirai rien. Mon œuvre fait suffisamment de bruit. Et ce qui me donne envie de continuer, c’est la révolte. Une révolte très ancienne.

C’est difficile de faire de l’art érotique avec la censure qu’imposent Facebook et Instagram?

Très difficile. Cela devient même presque impossible. J’ai vu mes comptes Instagram se faire fermer définitivement deux fois et j’ai vécu au total un bon cinq mois de blocage sur Facebook. C’est pourquoi je travaille actuellement à la construction d’un site web.

Qu’est-ce qui se passera de ton côté en 2017?

2016 a été l’année de toutes mes réalisations et 2017 sera la suite de ces réalisations. Je sais intuitivement que 2017 sera surprenant et nouveau.

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De mon côté, je vous annonce déjà que ça se pourrait que je quitte subtilement un Xe party de Noël pour aller écouter son film.

Pour la suivre, c’est par ici!

Son tumblr
Sa boutique Etsy
Son facebook
Son Instagram  

 

Pour lire un autre texte d’Amélie Grenier: « Taxidermie 101: La corneille qui avait l’air sourde ».

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  • Rolland St-Gelais

    J’ai eu la chance incroyable d’avoir posé nu lors d’une séance de nudité artistique de tendance érotique où l’enjeu était de démystifier le handicap masculin et son rapport à la sexualité. Le résultat a été bien au-delà de nos attentes. Un commentaire serait grandement apprécié. https://modelevivantaquebec.com/collaboration-speciale-de-valerie-llin/