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À la jonction de la photographie et du féminisme, The Womanhood Project explore les différents aspects de la féminité et ses complexités, grâce à des portraits intimes et naturels. Chaque série de photos est accompagnée d’un texte qui ouvre la discussion sur les standards de beauté, l’estime de soi ou encore la culture du viol.

J’ai eu le plaisir de rencontrer Cassandra Cacheiro et Sara Hini, les filles derrière le projet. S’en est suivi un échange inspirant sur les représentations de la femme au 21ième siècle.

On en profite aussi pour vous dévoiler en exclusivité certaines images de la prochaine série.

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On devine une volonté de fuir la représentation « classique » de la femme, celle des publicités, aux longues jambes et à la chevelure dorée. Pensez-vous que cette représentation est totalement fausse? 

Oui et non. Ces femmes que nous voyons dans les médias existent, à un certain point. Il y a des femmes qui peuvent s’identifier à elles. Le problème est qu’il y a un énorme manque de diversité dans cette représentation et bien évidemment, une grande majorité des femmes ne s’identifient pas du tout aux standards de beauté montrés dans les médias. Nous voulons montrer les femmes que nous croisons dans les rues, les femmes qui nous entourent; nos mères, nos soeurs, nos amies, nos filles, etc. Nous croyons que ces femmes-là méritent et doivent être plus présentes dans les médias, puisque ce sont elles qui représentent une majorité de la réalité. Ce sont elles que nous côtoyons tous les jours. Alors pourquoi ce ne sont pas ces femmes-là que nous voyons sur nos écrans? Pourquoi ce ne sont pas ces femmes là qui nous inspirent tous les jours dans les images qu’on nous véhicule?

Une série comme The Womanhood Project peut-elle représenter La Femme dans son entièreté? Ou il faudrait toutes les femmes du monde?

« Womanhood » : en anglais, ce mot signifie non seulement les femmes en collectivité, mais aussi l’état et la condition d’être femme. Vouloir représenter cet état aussi délicat et impermanent serait très difficile et ce n’était aucunement notre intention. On voulait dépeindre ces femmes telles quelles dans leur individualité et ce, à travers un portrait intime pour chacune. Bien sûr, à travers de ce projet, nous avons tenté autant que possible de démontrer une certaine diversité. Que ce soit l’âge, la couleur de peau, le style de vie, le contexte sociale, etc.

La série sur les menstruations peut être dérangeante pour certaines personnes. Pourquoi était-il nécessaire pour vous de la faire?

C’est exactement pour cette raison que d’aborder le sujet des menstruations était plus que nécessaire. On trouve le sang menstruel dérangeant, sale et on évite d’en parler. On trouve ça assez aberrant de diaboliser les règles comme ça, alors que c’est tellement naturel et que c’est simplement notre système reproductif en train de faire son travail, mais on est conditionné depuis toutes jeunes. Quand on était ados, on cachait nos tampons et on évitait de parler de nos crampes comme si nos règles étaient inexistantes et qu’il ne fallait absolument que personne ne sache qu’on saigne du vagin (oui! Saigner du vagin!). Pour certains, cela peut sembler être un sujet banal, mais toute cette perception erronée des menstruations traduit un problème encore plus profond et complexe sur la perception du corps féminin dans plusieurs sociétés. Prendre des photos où l’on voit du sang et parler des règles ouvertement, c’est notre façon de normaliser le sujet et d’adresser ce problème.

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On parle beaucoup de la culture du viol en ce moment au Québec. The Womanhood Project peut-elle avoir sa place dans ce débat et faire bouger les mentalités?

Oui, une des femmes qui participe au projet parle du viol et de sa situation, son portrait sortira dans les prochaines semaines. La culture du viol englobe aussi plusieurs aspects dont certaines femmes parlent dans leurs portraits, comme le catcalling. Aussi, nous croyons que toutes les femmes sont confrontées, un jour ou l’autre, à l’une des problématiques reliées à la culture du viol. Que ce soit dans leur propre vie ou dans leur entourage. Nous espérons qu’en présentant des sujets percutants comme le viol, entre autres, ça fera bouger les mentalités. C’est par ce genre d’actions, aussi petites soient-elles, que tranquillement mais sûrement, ça changera. Ce projet est notre contribution. C’est comme ça qu’on a voulu exprimer notre désir de faire une petite différence. Nous souhaitons que les histoires vécues des femmes dans The Womanhood Project conscientisent et touchent les gens pour que nous puissions avoir un meilleur avenir pour La Femme.

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Après une discussion comme ça, je ressors avec un constat simple. Bien qu’insignifiantes et apparemment inoffensives, les Kardashian and co de ce monde font souvent plus de mal que de bien. Sous leurs airs de diva et sur les couvertures de magazines, elles nous font souvent oublier une chose: la réalité. Il faudra bien commencer à le comprendre guys!

 

Pour voir le reste de la série #TheWomanhoodProject, c’est par ICI.


 

Pour lire un autre texte sur le tabou des règles: « Depuis que j’ai créé le site fourrer menstrué » de Rose-Aimée Automne T. Morin.