J’étais au Carnaval. Dans « La Purge ». Je n’assistais pas à un évènement politique, mais à un match de boxe.

Je me suis retrouvé dans ce rassemblement grâce à mon infiltration précédente du Parti Républicain Floridien, quand j’ai fait du bénévolat pour Donald Trump. Là, j’y suis – la soirée électorale dans l’antre de la bête.

Permettez-moi de penser à George Orwell deux minutes. George, c’est le gars qui a écrit 1984 (le livre que tu as dû lire au secondaire ou au cégep, mais que finalement t’as regardé le film parce que t’es trop lâche).

Dans 1984, on présente une société dystopique où, entre autres, les citoyens sont appelés à participer aux « Deux Minutes de la Haine ». Il s’agit d’un moment où, en groupe, on se crinque, on se fâche, on insulte nos ennemis. Regroupés devant un écran, on crie et on lance des objets à des images projetées. C’est une mise en scène de la hargne des citoyens envers leurs « ENNEMIS ». On sort le méchant.

Hier soir, j’ai assisté aux « Deux Minutes de la Haine » de plusieurs Américains. Un genre de Superbowl de la politique. Du divertissement qui devient une catharsis. J’avais des sièges VIP pour la fin du monde tel qu’on le connaît.

– Nous étions dans un restaurant d’ailes de poulet.

– Plusieurs télés projetaient les images de Fox News (les télés à mute)

– Toute la soirée, les gens criaient des bêtises à l’endroit des commentateurs, des politiciens (principalement démocrates)

– Ce que les gens voulaient voir, c’est un régime qui a mal

– Trump, c’est leur vengeance.

Plusieurs tentent de s’expliquer ce qui est arrivé. De mon point de vue, hier, j’ai rencontré des gens qui se sont sentis délaissés et oubliés par un système corrompu. J’ai rencontré des gens désillusionnés du système bipartisan. J’ai rencontré des gens excédés par le statu quo.

Là où ça devient intense, c’est que cette énergie-là est canalisée dans le « Dark Side » de la Force, et que les Américains sont prêts à suivre le premier « non-politicien » qui se présente pour les sauver.

Mes proches ne comprennent pas comment nos voisins du sud ont pu élire « un homme comme Trump ». Ce que j’ai constaté ici, c’est que les âneries qu’il prononce, ou son caractère mégalomane, ou les gestes qu’il se fait accuser de poser n’importent PAS. Vraiment. Ce sont des détails. Du gros ¯\_(ツ)_/¯

En fait, les gens aiment ça. Ça prouve que c’est un gars du peuple. Qu’il fait des erreurs. Qu’il n’est pas « léché ». Pas un politicien de carrière. Qu’il dit ce qu’il pense et ne s’en excuse pas. Peu importe ce qu’il dit. Au moins, il le dit franchement!

Toutes les choses qu’on a entendues à propos de Trump, qu’on connaît et qu’on trouve très graves ne sont que de vulgaires égratignures sur la Ferrari du changement que celui-ci promet à ses partisans.

Mon slogan préféré entendu hier, c’est « DRAIN THE SWAMP ».

Drainer le marécage.

C’est ce que les fans veulent. Le marécage, c’est Washington. Et ils viennent d’embaucher leur exterminateur d’alligators. Voyons voir ce qui va arriver maintenant.

MON INFILTRATION AU PARTY DES PARTISANS DE TRUMP :

P.S. : J’ai trouvé le discours de victoire de Trump poli et rassembleur, très « présidentiable », mais j’ai déjà hâte de l’haïr davantage pour consommer tout l’art engagé qui va émaner de ces 4 prochaines années historiques. J’ai hâte d’en créer un peu, aussi.

 

Pour voir le reportage précédent de Frédéric Bastien Forrest, dans un centre d’appel de bénévoles pro-Trump: « 5 choses que j’ai apprises en infiltrant les pro-Trump en Floride ».