Mais qu’est-ce qui s’est passé? Pour vrai? Je ne comprends pas.

Je comprends qu’un être misogyne, raciste, mégalomane, populiste et dangereux est maintenant à la tête des États-Unis, mais c’est un peu comme quand on me parle d’un nombre très grand (genre 8 trillions) ou de pouces carrés: bien que je comprenne la donnée, je n’arrive pas à en imaginer l’ampleur. Qu’est-ce qui va se passer? Et surtout, comment en sommes-nous arrivés là?

J’ai besoin qu’on m’explique cet immense dérapage collectif.

Alors, depuis 6h ce matin, je lis. Je lis tout ce que je peux pour essayer de comprendre les causes qui ont mené à la victoire de Donald Trump. Et tant qu’à lire, pourquoi ne pas partir un club de lecture? Un club rempli de colère, de frustration et de profond découragement.

Voici donc les articles qui, jusqu’à maintenant, m’aident à trouver des réponses à mon gigantesque: WTF? (J’attends en retour vos suggestions. Merci, vous êtes gentils.)

1- America is not, it turns out, better than this (Dylan Matthews, Vox)

Ici, on se penche sur l’impact de la montée de la droite dans le monde. On donne aussi un visage aux victimes de Trump en identifiant ceux et celles qui seront concrètement affecté.e.s par sa présidence. Percutant.

« It’s of no comfort to Jewish Americans bombarded by pro-Trump trolls telling them they belong in ovens. It’s of no comfort to the black teenager who knows that when New York boys who look like him were wrongly accused of rape, Donald Trump demanded New York state kill them. »

2- An American Tragedy (David Remnick, The New Yorker)

Dans ce formidable édito, David Remnick ose mettre la faute sur le dos du peuple américain, en plus de décortiquer les motifs qui l’ont mené à élire un white supremacist.

« Fascism is not our future—it cannot be; we cannot allow it to be so—but this is surely the way fascism can begin. »

3- Une victoire de la misogynie (Rima Elkouri, La Presse)

Des fois, on peut se demander: « Mais par quel désastreux miracle un homme accusé d’agression par 17 femmes a-t-il bien pu se faire élire? » Ces fois-là, on peut chercher des réponses chez Rima Elkouri.

« La course à la présidence de Hillary Clinton a donné lieu à un ressac semblable pour les femmes. Loin de sonner le glas du sexisme, [la course à la présidence de Hillary Clinton] a donné un souffle nouveau aux pires discours misogynes avec des slogans aussi chics que « Trump that bitch » et « Lock her up », encouragés par un candidat républicain machiste. »

4 – 2016 Election exit polls (The Washington Post)

Ok, y’a vraiment du monde qui a voté pour cet idiot? Mais qui? Les réponses se trouvent dans ces graphiques simples. Pour le plaisir, voyons la différence entre le choix des hommes blancs sans diplôme universitaire et celui des femmes noires diplômées…

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5 – The rise of American authoritarianism (Amanda Taub, Vox)

Le pouvoir de Trump défie les barrières démographiques. Il a des amateurs partout. Des scientifiques ont tenté d’expliquer ce phénomène rare en politique. Spoiler: les Américains ont peur et se cherchent un leader fort.

« Trump embodies the classic authoritarian leadership style: simple, powerful, and punitive. »

6- Comment la victoire de Trump a-t-elle pu échapper aux sondages et aux médias? (Maxime Ferrer et Adrien Sénécat, Le Monde)

Alors qu’une majorité d’observateurs, médias et sondages donnaient la victoire à Hillary Clinton, on veut comprendre d’où vient le décalage qui nous surprend tant ce matin. Entre états acquis et vote incertain, le citoyen américain s’est joué de nous! Le Monde tente de nous expliquer.

« Le décalage entre la perception d’une élection plutôt acquise à Hillary Clinton (relayée de manière presque unanime par les médias traditionnels, dont Le Monde) et le triomphe de Donald Trump dans les urnes n’est donc pas simplement une erreur sondagière, mais aussi l’échec de ce modèle de projection. »

7- 5 reasons why Trump will win (Michael Moore)

Tel un devin, le cinéaste Michael Moore prédisait la victoire de Donald Trump bien avant qu’elle ne se réalise. Et aujourd’hui, ses explications prennent tout leur sens.

« People have to leave the house and get in line to vote. And if they live in poor, Black or Hispanic neighborhoods, they not only have a longer line to wait in, everything is being done to literally stop them from casting a ballot. So in most elections it’s hard to get even 50% to turn out to vote. And therein lies the problem for November – who is going to have the most motivated, most inspired voters show up to vote? You know the answer to this question. »

8- Blame the rise of Trump on the failure of TV news (par Allan Chernoff, Newsweek)

Et si les journalistes avaient failli à leur tâche? Et si on avait protégé l’image de Donald Trump? C’est l’hypothèse émise par Allan Chernoff dans ce choquant article.

« But rather than feature the facts about Donald Trump during primary season, TV news executives largely ignored the deep archive of Trump reporting, instead focusing on the horse race, as they always do. In this case, they highlighted the horse that was a proven ratings magnet because of his larger-than-life personality, willingness to make outrageous comments that draw attention and successful history on the entertainment side of television. »

J’attends maintenant vos suggestions de lecture. Parce que tant qu’à se choquer, faisons-le ensemble.