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Coin de Rouen et Frontenac, Serge Blais aimerait transformer le local jouxtant son curieux jardin en café, afin que tous puissent apprécier la beauté des lieux. On vous recommande d’aller lui rendre visite dès maintenant avant que ça ne devienne LA place.

Votre jardin est incroyable, comment ça a commencé?
Quand je suis arrivé ici en 2002, il y avait de l’asphalte partout. J’ai tout cassé et j’ai remplacé la clôture Frost par cette sculpture de métal. Récemment, j’ai voulu vendre parce que j’étais tanné, j’ai eu des appels de constructeurs de condos qui voulaient tout démolir. J’ai décidé d’ouvrir un café à la place. Je suis en attente de permis.

Avez-vous un background en architecture ou en aménagement paysager?
Non, je suis joaillier et je fais de la soudure. Pour gagner ma vie, je restaure des pièces d’argenterie anciennes.

Êtes-vous un ramasseux?
Moins qu’avant parce que je n’ai plus mon camion, mais, euh, oui. Ma shed est pleine de cossins qui vont me permettre de faire un décor fou dans le café.

De quoi êtes-vous le plus fier dans cet espace?
De mon chêne. Quand il va bien, je suis content.

Votre clôture est pas mal impressionnante aussi.
Oui mais pour moi, c’est de la création. Je ne cherche pas la fierté à travers ça même si ça attire les regards.

Quelle est la réaction des gens du quartier?
La plupart apprécient. Certains m’appellent «l’artiste». Ce que j’aime, c’est les discussions que ça suscite. Parfois les gens sonnent pour m’en parler.

Et vous leur répondez?
Oui, je trouve ça important de parler d’art. Surtout avec les enfants. Il y a quelques garderies dans le coin, et quand les enfants passent, ils crient «le cheval!», à cause de ma fontaine fabriquée avec un cheval à ressorts. Quand les familles passent, je les laisse entrer pour visiter. Là tu écris ça et il va y avoir plein de jeunes familles qui vont vouloir s’installer dans le quartier!

Ça vous fait quoi la transformation du quartier?
Moi j’ai grandi ici, et je vois de plus en plus de jeunes artistes, de peintres et de photographes s’installer. Je trouve ça bien. Quand j’étais jeune, j’avais un appartement au carré Saint-Louis pour 150$! C’est comme ça que les quartiers évoluent. De jeunes artistes donnent de l’âme à un quartier, puis les riches trouvent ça cool, achètent, rénovent. J’espère contribuer à la vitalité du quartier avec ce lieu.

55 milliards $US
: c’est ce que coûtera le plus grand projet de jardin au monde, à Dubaï. À ce prix-là, honnêtement, on ne s’en fait pas avec les dépassements de coûts.

Plagiarus : Nom de la statuette remise chaque année par Heissner, le premier manufacturier de nains de jardins en porcelaine, aux pires contrefacteurs de nains de jardins. Selon le «Dico des Nains de Jardins», encyclopédie concoctée par Benoît Michel, un passionné de la culture nano-jardinière, ce trophée est souvent disputé entre la Pologne, la Tchéquie et de nombreux pays du sud-est asiatique.