Quel bon temps pour être une femme ces jours-ci. N’est-ce pas? Les femmes jettent à terre de charisme et de détermination. On ne peut pas en dire autant de vous, messieurs.

Je ne suis pas calée en féminisme et j’ai un peu peur de me faire lapider, mais je m’essaye quand même.

Pendant que tous les projecteurs sont braqués sur le mâle afin de bien éclairer ses sombres facettes, dysfonctions et autres pulsions extra-serment, les femmes se retrouvent elles aussi sous le feu de la rampe et essayent de se tenir debout (ou assises dans le train de Josélito, c’est selon) devant l’épreuve.

Certaines étonnent par leur droiture (avez-vous vu comme Anne Sinclair, la femme de DKS, n’a pas sourcillé dans la tempête? Sa mise en pli et sont regard de buse n’ont pas bronché). D’autres se hissent sur les sièges les plus convoités du monde et nous préparent un joli retour du balancier, tout en courbes et en rimmel: Sheryl Sandberg chez Facebook, Jill Abramson au New York Times, Simone à La Buvette chez Simone (quoi, ça prend une locale): toutes des femmes à qui l’on doit le succès d’entreprises hautement influentes. Dommage que la fin du monde soit si proche. On touchait vraiment à quelque chose.

En attendant, en tout cas, les femmes volent le show. Madame Bombardier, si vous pensez que je fais référence à vous ici, passez-vous une débarbouillette d’eau froide dans le visage et détrompez-vous. Je vous ai vue, dans le film Céline : Autour du monde, vous extasier sur le set de vaisselle au souper libanais. Non, je pense aux New Chicks on the Block du Zoofest avant de penser à vous. Vous voyez la nuance? Oui, vous voyez la nuance.

Je parle plutôt des femmes heureuses, pétantes de santé et d’intelligence dans lesquelles on s’enfarge en ce moment.  Les Adele, Lady Gaga, Nicki Minaj et Rihanna de ce monde trônent au sommet du Billboard et tirent à elles seules toutes les ficelles de l’industrie mondiale du disque. J.K. Rowling a le culot d’éditer elle-même ses e-books, la chanceuse.  Plus localement, regardez ce que Jenny Craig a fait de Sonia Benezra. Et que dire de Laurence! Oui, Laurence Frenette de l’émission Les Chefs 2. L’exemple parfait de la Québécoise moderne qui présente son assurance et son talent avant son cul et qui n’a pas l’ombre d’une intention de s’excuser d’exister devant un ogre comme Martin Picard. Elle file droit vers la victoire : on mangerait des bines en canne, qu’on la verrait sortir de la pantry, dans le creux de sa main.

Je suis souvent fière d’être une femme mais oh la la! jamais comme en ce moment. Dans mon entourage personnel, elles sont si belles et si inspirantes qu’elles donnent envie de les marier. Surtout depuis que la flamboyante Anne-France Goldwater existe pour s’occuper des divorces.

Je ne dis pas que les hommes ne sont pas exceptionnels. Mes lectures « féminisme 101 » m’ont appris qu’il est toujours bien vu de préciser ce genre de choses. Mais ces temps-ci, mis à part Lucian Bute et Luc Langevin, les hommes ont plutôt mauvaise presse (personne ne veut s’en prendre ni à un boxeur, ni à un magicien). Ça me rappelle l’époque pas si lointaine où nos seules représentantes dans le paysage médiatique s’appelaient Sarah Palin et Julie Couillard. Misère.

Il semblerait donc que le vent tourne de notre bord. Si je comprends bien, il fallait attendre la vague individualiste (celle à laquelle je rêve depuis la pré-maternelle) pour que les femmes se sortent la tête de l’eau pour vrai. Parce que pour se débrouiller avec aisance dans cette nouvelle atmosphère du « chacun pour soi », il paraît qu’il faut être capable de ne se fier à personne d’autre. Heureusement pour nous, femmes, nous avons du talent pour ça. C’est le genre de force qui prend naissance quelque part entre les trompes de Fallope et le plancher pelvien. C’est l’héritage direct d’Émilie Bordeleau et de sa gang. Celles qui ont attendu dans le frette, le nez collé au châssis, du support qui n’arrivait jamais.

On pourra leur dire (en passant par Luce Dufault, paraît qu’elle est connectée avec la fille de Caleb) qu’elles ne se sont pas morfondues pour rien. C’est aujourd’hui que ça paye.

  • Geneviève Deschênes

    Il fait mouche ton article et je l’aime ! Si tu te fais lapider pour ce « papier » faudra me lapider aussi ! :)