Pour le mois du glamour et du jet set, je m’entretiens avec une personne qui a une passion pour les « védettes », la paparazzi québécoise Mélissa Paradis alias Paparadis. Elle nous dévoile les dessous de cette profession parfois mal aimée, mais surtout mal connue.

Affectée à la couverture des stars internationales de passage au Québec, Mélissa part littéralement à la chasse aux vedettes. Elle doit en effet passer beaucoup de temps dans sa cache et attendre que la proie sorte.

Heureusement, elle n’a pas besoin de s’enduire d’urine pour attirer la bête.

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Devenir paparazzi, mais pourquoi donc?

Ça vient de la passion pour les vedettes. À 17 ans, elle offre son aide à des paparazzis. Elle y trouve un mentor qui lui dévoile les meilleurs trucs. De fil en aiguille, elle finit par vendre sa première photo.

On parle de proie, mais ce n’est pas du tout le cas. En général, le travail de paparazzi se fait dans le respect. Si la vedette ne veut pas avoir un kodak dans la face, Mélissa se met plus en retrait et croque un cliché à distance.

« Il y en a qui sont adeptes de ça, d’autres moins. Il faut respecter l’artiste. S’ils n’aiment pas ça, je me cache plus. »

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Une femme dans un milieu d’hommes

Les paparazzis, ça joue du coude pour avoir le meilleur angle, le meilleur point de vue. Être une femme dans ce milieu d’hommes ce n’est pas toujours facile. « Les gens pensent que tu es plus facile à manipuler, ils s’installent à ta place, ils veulent te faire chier. »

C’est un cercle fermé alors il faut faire sa place, dans tous les sens du terme. Ça prend aussi pas mal de détermination. Mais côté « drive », je vous dirais de ne pas trop vous en faire pour Mélissa.

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Attendre… attendre… attendre…

Si certaines publications pouvaient payer jusqu’à 10 000 $ pour une photo, on est loin de ces montants aujourd’hui. Mélissa ne veut pas dévoiler combien elle encaisse pour un cliché, car elle ne veut pas donner l’impression que c’est de l’argent facile.

Parce que derrière une photo, il y a des heures de travail : recherche, repérage, positionnement, attente, attente, attente, attente. Par exemple, elle a dû fouiller plusieurs semaines avant de trouver le plateau de tournage du prochain film de Xavier Dolan à la recherche de Kit Harrington.

Elle a aussi pris plusieurs mois avant d’obtenir les photos qu’elle voulait de Jennifer Lawrence et Nicholas Hoult. C’est au parc Lafontaine que ça s’est passé.

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Une profession en mutation

De nos jours, tout le monde a un appareil photo de bonne qualité et caméra vidéo au bout des doigts. Ça change la game.

« Il y a un certain temps, il devait y avoir 500 paparazzis à Hollywood, maintenant je doute qu’il y en ait plus de 100. »

Mais les TMZ et les magazines à potins de ce monde n’achètent pas que des simples photos. Ils achètent une histoire. Tout le monde peut prendre une photo de Lady Gaga dans une séance d’autographes officielle. Mais personne ne va acheter ça. Il faut raconter quelque chose. Ça prend de la viande autour de l’os. De plus, ils vérifient et contre-vérifient tout avant de publier.

Avec la popularité des médias sociaux, la profession de paparazzi a beaucoup changé. Les artistes ont maintenant leur propre plateforme pour promouvoir leur image. Ils ont beaucoup moins besoin de la présence des paparazzis pour mousser leur image et s’assurer que leur bouille se ramasse à la une des magazines.

Les Kardashian ont leur propre paparazzi. Elles demandent même un pourcentage sur les photos vendues.

Certains paparazzis travaillent directement pour les artistes et deviennent un hybride entre relationniste, photographe et gestionnaire des médias sociaux. Comme quoi il n’y a pas juste les auteurs qui doivent faire de la création de contenu.

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LA question

Quand on jase avec une paparazzi, on n’a pas le choix de demander quelles sont les vedettes les plus sympathiques et les stars les plus bitchs de l’industrie.

Mélissa a eu une très belle expérience avec Angelina Jolie et Brad Pitt qui étaient fort sympathiques. George Clooney est un gentleman. Ce sont souvent les plus jeunes en général qui ont un caractère de marde.

Il y en a plusieurs avec qui on ne sait pas sur quel pied danser.

Les Miley Cyrus ou Selena Gomez, on ne sait pas si on aura affaire à leur côté Dr Jekyll ou M. Hyde. C’est l’attitude « I just want to be famous » qui tue.

Faire de la filature pendant des heures dans l’auto les vitres montées lorsqu’il fait 30 degrés, côtoyer les vedettes internationales, parader avec le jet set, c’est pas trop mon bag. Mais Mélissa s’y plait et à voir ses photos publiées, on peut dire qu’elle se débrouille pas pire pantoute.

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Pour lire un autre texte de Fred Simard : « L’homme qui écrit ses romans à la main »