Née à Lebel-sur-Quévillon au nord du 49e parallèle, Zema est passée par Trois-Rivières, Jonquière et Winnipeg, avant de se poser à Montréal où elle a commencé le graffiti en 2000. « Je faisais déjà de la peinture sur toile. J’avais des amis qui faisaient beaucoup de graff et je suivais ce milieu depuis un bon moment. J’aimais des artistes comme Zek, Monk.e et Timer! Je suis vite devenue accro aux promenades nocturnes entre amis à painter partout en ville! », dit-elle.

En 2004, Zema a fondé le collectif « La Paria » regroupant plus d’une vingtaine d’artistes, avec qui elle a notamment participé à la première édition du Festival Mural en 2013. Muraliste, illustratrice, peintre et designer graphique, l’ancienne skateuse exerce également ses talents comme tatoueuse chez Imago, sur le boulevard St-Laurent, où elle travaille aujourd’hui. « J’admets m’inspirer pas mal plus de tatoueurs que de street artists, dit-elle. Souvent je vois un tattoo ou une forme, des couleurs, des motifs et je me dis, je dois vraiment essayer ça sur un mur! »

Zema garde également un œil attentif sur les réseaux sociaux. « Instagram a changé aussi beaucoup ma manière de m’inspirer, c’est un feed constant d’artistes incroyables », explique-t-elle. Avec les années, l’artiste a développé un goût certain pour les personnages extravagants, les couleurs vives et affirmées, et les physiques jugés ingrats qu’elle aime exploiter dans ses œuvres, pour créer une vraie esthétique de la laideur. « Je n’ai pas nécessairement de message à transmettre, mais j’aime passer un feeling ou un état d’esprit, dit-elle. Je revendique pas grand-chose avec mon art à part avoir du gros fun en le faisant! »

SHARK – DIY SKATEPARK P45 MONTRÉAL

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« Je faisais du skate avant, et depuis l’adolescence c’est mes amis et mon milieu social… J’ai commencé une bonne carrière en illustration grâce aux collaborations que je faisais avec les skateshops locaux tels qu’Underworld et Empire, des brands comme Vans, 686, iFound, Lakai dans le temps et plus récemment avec des amis qui ont la compagnie Dime! Pour moi c’est le même genre de liberté et de guts que le graff apporte. Maintenant je suis ambassadrice pour la compagnie Rastaclat grâce à tout ça! »

TRAIN – COLLABORATION AVEC LABRONA

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« C’est un train que j’ai peint en 2013 avec Labrona. J’aime beaucoup l’idée que mon œuvre voyage avec les trains, et j’aime aussi simplement le temps passé sur les rails… J’ai aussi fait des métros à l’époque, et j’en garde un bon souvenir — sourire en coin —, une bonne histoire que je pourrai raconter à ma fille Estelle! J’en garde aussi le mug shot que j’ai eu dans le journal Allo Police, probablement ma première parution média, ha ha! »

PEINTURE ACRYLIQUE SUR BOIS

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« Mes peintures sont beaucoup plus détaillées que mes graffs et tattoos. Si les rats sont souvent présents dans mes œuvres, c’est que j’en ai eu plusieurs, plus jeune. J’aimais bien ces petites bêtes, intelligentes et affectueuses. Ma mère est chimiste, et elle me racontait aussi les tests qu’ils faisaient sur les rats! »

FESTIVAL MURAL

« C’est un des deux murs que j’ai faits pendant le festival Mural, et c’est mon plus gros jusqu’à maintenant! Encore un rat… Ces bestioles sont considérées un peu comme la ‘vermine’ des grandes villes, errant la nuit, dans les coins des ruelles, mais on les voit rarement le jour. Elles ont mauvaise réputation, elles sont mal aimées et pour moi c’est un personnage idéal pour montrer plein d’émotions! »

 

GRAFF IMPROVISÉ – MONTRÉAL

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« J’ADORE LES CHATS! Je crois que c’est mon côté plus féminin, en même temps, ils ont des griffes, s’en foutent pas mal des humains autour, mais dans leur regard, ils ont de la classe et tu les envies de pouvoir dormir 23h/24! Les miens sont super dépendants, affectueux et rasés en coupe lion, ha ha! J’ai trouvé une façon de les faire sur un mur qui est un peu comme une signature, et en tattoo… Oh combien de chats j’ai fait! Beaucoup de gens viennent me voir pour un portrait illustré de leur chat! »

TATOUAGES

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« Je fais du néo-trad en tattoo, c’est un style semblable à ce que je fais sur les murs. J’adore le tattoo, mais c’est aussi énormément de travail et d’heures de dessin, j’ai moins de temps pour le graff et la peinture. J’adorerais faire plus de trains ou de bombing, mais avec le temps et la famille, je suis devenue pas mal moins téméraire! »

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La fondation romeo’s ayant pour mission de préserver, promouvoir et démocratiser l’art et la culture urbaine, URBANIA vous proposera, à travers une série de billets, de découvrir les meilleurs street artists québécois.

romeo’s gin est une eau-de-vie fraîche et inspirante, aux multiples visages, reflétant la créativité montréalaise.

Pour lire le compte-rendu de la rencontre avec Jason Wasserman, c’est ICI.