En 2007, pour son Spécial vert, URBANIA a fait paraitre une annonce dans le Journal de Montréal : on cherchait une personne game de se faire tatouer la face de Stéphane Dion, alors ministre de l’Environnement. Robert Wilkinson a répondu avec intérêt, acceptant d’offrir son crâne pour la réussite du projet. Et, comme tout tatoué, il a pogné la piqure. Depuis, sa tête arbore plus d’une vingtaine de tatouages, majoritairement des logos de compagnies…

Toujours est-il qu’après avoir vu la couverture de notre Spécial Canada, sur laquelle se trouve un très très gros plan de la bouille du premier ministre, Robert s’est présenté à notre bureau avec une folle offre : « Et si je me faisais aussi tatouer la face de Justin Trudeau? »

Un plan complètement fou!

Notre première réaction fut : why the fuck, Robert?

C’est là qu’il nous a parlé d’un projet musical, le Robert Wilkinson band, sur lequel il travaille depuis dix ans. Robert est finalement prêt à enregistrer un premier album et il caresse le rêve de compter sur Sophie Grégoire à titre de choriste! Un tatouage de son mari, c’est certainement une bonne façon d’attirer l’attention de la Première dame.

Par ailleurs, depuis qu’il arbore des tatouages, Robert rend les gens heureux. Son amie et collègue, Nathalie Langlois, confirme : les enfants comme les personnes âgées sont fascinés par le look de Robert Wilkinson! Il se fait régulièrement arrêter dans la rue par des gens curieux. Une sœur a même été jusqu’à lui embrasser le crâne! Sans compter les êtres marginalisés qui se confient spontanément à lui. Personnes sans domicile fixe ou transsexuelles, Robert prend le temps d’écouter. Il aime les humains et on l’aime en retour. Beaucoup. Peut-être même trop, considérant que des groupies se pointaient parfois au garage où il travaillait juste pour lui voir le minois…

Il faut aussi dire que le musicien a une certaine sympathie pour Justin Trudeau. Il l’a rencontré, il y a quelques années, lors d’un évènement politique dont il profitait pour dévoiler son tatouage à Stéphane Dion. La réaction de Justin a été si favorable que Robert s’est dit qu’un jour, il arborerait aussi son portrait.

Ce jour est venu le 6 juin 2015.

Le tatoueur parfait

On a décidé d’accompagner Robert dans son stunt promo (il ne le cache pas : il serait prêt à se faire tatouer la face du président de la République française si ça l’aidait à vendre quelques copies de son futur album en France). On lui a donc présenté LE tatoueur des tatoueurs, Luka Lajoie.

Hyper reconnu pour ses portraits réalistes, Luka fait le tour des conventions de tatouage du monde entier, en plus d’œuvrer dans son studio montréalais (The Arts Corporation Studio). On a posé quelques questions à l’artiste suivi par 118 000 personnes sur Instagram

Luka, comment as-tu appris l’art du portrait réaliste?
« J’ai appris en travaillant dans des studios, avec l’aide de magazines, en posant des questions à des tatoueurs et en regardant des vidéos sur YouTube! Et, j’ai toujours été fasciné par la reproduction d’image et la complexité que celle-ci implique. Il y a tellement de petits détails et aucun ne peut être mis de côté. Chaque portrait est unique et ils représentent tous un défi différent. Ça me permet de me surpasser à chaque fois. »

Est-ce qu’un portrait de Justin Trudeau, c’est ce qu’on t’a demandé de plus surprenant? Qu’est-ce qu’on te demande, habituellement?
« Faire le portrait de Justin Trudeau a été très surprenant, effectivement, mais, étant dans le monde du tatouage depuis maintenant plusieurs années, j’ai des demandes toutes plus spéciales les unes que les autres. Dernièrement, un collectionneur de tatouage m’a demandé de reproduire un plan rapproché et très détaillé… d’une vulve! J’ai dû regarder ledit sexe durant plus de 8 heures, je dois avouer que ça m’a quelque peu désenchanté haha. »

Tu as 117 000 abonnés sur Instagram, tu te promènes dans les conventions de tatouage du monde entier. Es-tu un peu une rock star?
« Rock star? Je ne sais pas, mais je crois que le métier de tatoueur a les bons côtés d’une rock star sans les mauvais. Je me considère très chanceux de pouvoir en profiter pendant que la popularité du tatouage est à son comble. Il est important de mettre tout notre cœur dans chacune de nos créations et surtout de garder les pieds sur terre en se rappelant que ce n’est que du tatouage. »

Deux semaines plus tard…

Comment Robert vit-il maintenant avec son tatouage? Très bien! Seul souci, les gens ont tendance à lui donner des messages à passer à Justin Trudeau. Un peu comme si l’avoir sur la peau lui assurait une relation privilégiée avec le premier ministre. Un exemple de commentaire reçu? « Moi, en tout cas, Trudeau je ne l’ai pas dans l’dos! Je l’ai dans l’cul… »

… Ok.

La prochaine étape du plan : montrer l’œuvre à Justin Trudeau et conquérir sa femme, musicalement parlant.

Go, Robert, go!