Idependance-day

Ce qui est intéressant dans cette dégringolade aussi prompte qu’une vague orange un soir d’élection fédérale, c’est qu’à aucun moment les dégringolés ne mettent en doute leurs convictions souverainistes.

Ils donnent leur démission du PQ, mais veulent se battre pour que le Québec devienne un pays. Ils critiquent ouvertement leur cheffe, mais sont prêts à serrer les rangs pour réaliser leur objectif. Ils défoncent des lettres ouvertes et tirent à gauche comme à droite à gros coups de boulets rouges, mais désirent avant tout réussir la souveraineté du peuple Québécois.

Le PQ n’est pas un parti comme les autres. C’est la plus improbable coalition qui existe en Amérique du Nord. Des gens de droite, de gauche, du centre, de l’extrême gauche, de la droite au fond du couloir et du centre incertain se sont mis ensemble pour atteindre un seul et unique objectif: la création d’un nouvel état indépendant en Amérique du Nord afin de donner à tout un peuple le pays auquel il aspire depuis qu’il a été conquis par ses ennemis de toujours.

La cause est noble, l’objectif est élevé et le but n’est pas loin.

Mais le peuple est déjà ailleurs.

Le parti Québécois n’a pas résisté à l’usure du temps. L’idée de rassembler des gens aux convictions divergentes autour d’une aspiration commune était révolutionnaire. Jamais dans l’histoire du monde, à mon humble connaissance, n’avait-on créé un parti aussi hétéroclite afin d’arriver à la création démocratique d’un nouveau pays. Mais après plus de 40 ans de discussions animées, de cinglants slogans, de ferventes campagnes, de stratégies tarabiscotées et de programmes électoraux, force est de constater que le rêve des débuts et devenu un songe d’une nuit d’été malmené par les convictions des uns et l’impatience des autres.

L’élan du PQ dans les sondages poussé par la grogne contre Jean Charest aura buté sur une broutille. Le projet de loi pour satisfaire le maire Labeaume, amadouer l’électorat de Quebecor, je voulais dire de Québec, et enfin séduire les amateurs de hockey lui aura fait plus de mal que de bien.

Maintenant, il reste une question. Est-ce que le patatra du PQ permettra à la souveraineté de rebondir ou bien est-elle condamnée à rester, comme la plupart des projets au Québec, dans un carton, au fond d’un tiroir ?