Christine est abstinente. Elle n’a pas fait l’amour une seule fois depuis 21 ans. Elle a eu une expérience sexuelle à 14 ans, une autre à 17 ans, et c’est tout.

« That’s it », synthétise-t-elle.

Ce n’est pas par choix que Christine a passé jusqu’ici sa vie adulte en étant abstinente. Elle aimerait sincèrement qu’il en soit autrement.

Si elle a accepté de me raconter sa vie, c’est parce qu’elle trouve que sa situation est exagérément taboue, dans une société où une vie sexuelle active et débridée est synonyme d’épanouissement et gage de normalité.

Lorsque je m’assois devant elle au café où je la rejoins, tout de suite après avoir commandé nos lattés, elle met la table : « peut-être que je suis folle ».

J’aime bien son attitude défiante.

Après s’être assurée que je ne fuyais pas, elle me donne de nécessaires précisions. « Peut-être que je suis folle, parce que même si je n’ai pas de sexe, j’ai quand même une sexualité avec moi-même… Et, quand je suis dans mes fantasmes, des fois, j’y crois un peu. Il faut que je me rappelle : ah, ouais, y’a rien, c’est pas vrai! »

Je le sais, mais des fois j’oublie.

« C’est comme quelqu’un qui se raconte tout le temps des histoires. Je ne suis pas rendue folle au point d’y croire, mais tsé… »

Christine est affirmée, animée, pas gênée. Elle fait même des blagues grivoises. Elle n’a pas le profil de la personne qu’on imagine abstinente. Et inutile d’extrapoler sur son apparence : rien, dans son physique, ne fait préjuger de cela non plus. Étonnamment, elle dégage même une certaine sensualité lorsqu’elle s’exprime.

Si, depuis deux décennies, elle arrive un tant soit peu à pallier son « manque de sexe » par le rêve et fantasme, ce qui l’habite sans cesse, par contre, c’est le manque d’affection. Ça, elle n’arrive jamais à l’oublier. « Je suis toute seule depuis tout le temps. Ça, je le sens. Depuis tout le temps. »

Tu ne peux pas te masturber affectivement. En tout cas, si quelqu’un est capable de faire ça, il faudrait qu’il m’explique comment.

« Je suis rendue dans un niveau de vulnérabilité immense. Je ne peux pas faire semblant que je ne le suis pas. J’ai mal aux muscles tellement je sers fort mon oreiller quand je dors. J’en peux plus, j’en souffre. »

Quand elle dit aux gens qu’elle rencontre qu’elle a toujours été célibataire, on la regarde comme une extraterrestre. « Les gens me disent : ‘Ah, t’es célibataire, donc t’as peur de l’engagement!’ Les gens s’imaginent que j’ai une vie sexuelle débridée. Ça, c’est pas choquant pour eux. C’est quand je leur dis que j’ai pas sexe… là, ça c’est choquant! »

Christine se décrit comme une ancienne phobique sociale. Elle m’explique qu’elle a fait beaucoup de travail sur elle-même ces dernières années pour surmonter cette difficulté dans sa vie professionnelle et sociale, et qu’aujourd’hui, elle est très à l’aise dans ces contextes. Mais là où le problème persiste et signe, c’est par rapport aux hommes.

Je suis insécure et je ne suis pas bien et je fais des attaques de panique.

C’est en bonne partie pourquoi, malgré sa solitude, Christine ne veut rien savoir des sites et des applications de rencontre.

Elle refuse de l’envisager, convaincue qu’elle ferait une attaque de panique au premier rendez-vous.

« Moi, me rendre dans une date où je vais faire une attaque de panique, ça ne me tente pas. Puis je ne peux pas me rendre sur une date et dire au gars : ‘R’garde, je fais des attaques de panique.’ C’est lourd, pour un premier rendez-vous. Puis il ne faut pas être lourd à un premier rendez-vous… »

Pas de Tinder ni de Réseau Contact, alors. Mais dans la vie de tous les jours, n’a-t-elle jamais rencontré d’hommes avec qui ça cliquait? Dans un party… dans une soirée… via l’ami d’un ami…?

Oui, admet-elle. Mais ils ont toujours fini par flasher sur d’autres.

« Ça m’est déjà arrivé de capter qu’un gars me trouvait cute, et d’échanger des regards… Puis là, je voyais qu’au final, le gars finissait par aller vers une de mes amies. »

Elle pense que cela s’explique en partie par ce qu’elle dégage. « Si je rencontre un gars, je sais que je vais être comme ça », me dit-elle en commençant à bouger fébrilement sur sa chaise d’avant en arrière. « Je sais que je suis comme ça, je ne suis pas capable de faire autrement. »

« Je dégage qu’avec moi, ça va être difficile, ça va être compliqué. Et c’est vrai, ça va être compliqué! Alors là, mes amis me disent : ‘Il ne faut pas que tu dégages ça!’ Mais je ne fais pas exprès, c’est la réalité. Donc, en quelque part, j’aime mieux ne pas mentir. »

Par ailleurs, elle le dit ouvertement : les hommes lui font peur. Elle pense que l’élément déclencheur de cette crainte est la perte de sa virginité, à 14 ans. Elle décrit celle-ci comme un évènement traumatisant. À l’époque, ses amis se moquaient d’elle parce qu’elle n’avait jamais frenché. Ils lui disaient qu’elle était « pas déniaisée ».

« J’ai commencé à me faire traiter de ‘pas déniaisée’ en 5e année du primaire. » Cette pression des pairs l’a poussée à passer à l’acte avec un garçon de 17 ans, Michel, avec qui elle n’avait pas réellement l’intention de coucher.

« La seule affaire que je voulais faire, c’était le frencher », me dit-elle. Mais Michel insistait. Et une fois qu’elle s’est retrouvée nue, dans son lit, elle a décidé de céder parce que « comme ça, se serait fait » : on ne pourrait plus dire qu’elle était pas déniaisée.

« Donc moi, j’ai frenché, j’ai fait une pipe et j’ai couché avec un gars pour la première fois tout en même temps », souligne-t-elle, elle-même ahurie. Et sa première fois s’est très mal déroulée. L’expérience n’a pas été agréable du tout, il y avait du sang partout, et ses amis ont quand même fini par l’humilier par la suite et à la traiter de conne de s’être laissée faire.

Après cet épisode, les hommes qui lui plaisaient se sont mis à la terroriser. Elle avait peur qu’ils lui fassent faire des choses qu’elle n’avait pas vraiment envie de faire. « Les hommes que je ne connaissais pas, c’était tellement inquiétant, qu’il fallait que je m’en protège. »

Aujourd’hui, elle se sentirait prête à réessayer. Mais pas n’importe comment.

« J’ai eu des propositions de gars qui m’ont dit : ‘Regarde, je vais te régler ça, je vais te baiser, là, ben solide, tu vas voir, ça va t’aider!’. » Mais elle sait que c’est exactement de l’inverse dont elle aurait besoin : pour qu’elle arrive à dépasser sa peur, il faudrait qu’elle rencontre un homme prêt à attendre, un homme qu’elle pourrait apprendre à connaître longuement avant de passer au lit. Un homme qui, comme elle, apprécierait la lenteur.

Mon corps, c’est ma zone de vulnérabilité extrême.

Or, plus les années passent, moins elle croit qu’elle pourra un jour avoir une vie sexuelle. « C’est comme quand tu veux tellement quelque chose… Plus tu veux, plus ton stress est grand. Et avec les années, je m’en viens de plus en plus désespérée. Alors c’est comme s’il y avait toujours une couche de difficulté qui s’ajoute. »

Et tandis qu’elle contemple la possibilité qu’elle ait une vie sans sexe jusqu’à la fin de ses jours, même si elle n’est résignée qu’à moitié, Christine déplore que cela soit si mal vu.

« Une fille qui va avoir plein de relations sexuelles, mais qui va dire : ‘Ah, c’était pas vraiment l’fun…’ Ben elle va être dans la normalité. Mais une fille qui a pas de sexe du tout, ça c’est marginal au boutte! »

Une fois, un ami lui a conseillé de ne pas avouer au prochain gars qu’elle rencontrerait qu’elle n’avait pas eu de sexe depuis plus de 20 ans. Ça l’a profondément blessée. « Je me suis dit : ‘Criss, t’es en train de me dire que c’est si monstrueux ce que je suis qu’il faut que je mente! Dans quel monde on vit qu’on ne peut pas dire ça? Que c’est si épeurant? Est-ce que je suis si bizarre que ça?’. » Sa question est rhétorique.

« J’assume ce que je suis », m’assure-t-elle, tout en ajoutant que je même si elle assume ce qu’elle est, le jugement des autres l’affecte. Et que même si elle s’assume, la perspective de n’avoir plus jamais avoir de sexe la déprime quand même.

Mais peut-être qu’un jour, sa « situation » va changer? Après tout, elle a vaincu une bonne partie de sa phobie sociale, fais-je valoir.

Oui, me confirme-t-elle. « Le seul truc qui me reste de ma phobie, aujourd’hui, c’est la crainte d’être nue, dans l’intimité, avec un homme. C’est ce que j’aimerais le plus au monde qui arrive. Mais c’est aussi ce dont j’ai le plus peur… »

***

Pour lire un autre texte de Lili Boisvert : « Quand le sexe tue l’amour »

  • Phil

    Le manque de sexe chez les femmes est davantage perçu normal que chez les hommes.

    J’ai eu ma premiere relation sexuelle à 20-21 ans. J’ai detesté.
    La masturbation, je l’ai connu vers 16-17 ans. J’ai 23 ans et je me suis « touché » environ 10 fois dans toute ma vie.

    Le sexe sous toutes ses formes ne m’interesse pas. Chaque fois que je rencontre un psy, psychiatre, t.s. ou t.e.s., je lui demande si je suis normal. Aucun d’eux m’a repondu.

    Je n’ai jamais ete en couple, non plus.

    Contrairement à elle, je n’ai jamais eu de traumatismes en lien avec ca dans mon passé. Je vis simplement un desinteret.
    C’est un peu un concept difficile à expliquer aux gens de ma famille. Lorsque mes amis tentent de me presenter une personne et que je refuse, je vois le decouragement dans leurs yeux.

    Je me sens vraiment comme un extra-terrestre, par moment.

    Je n’arrive toujours pas à savoir si je suis ou pas normal. Quelqu’un peut y repondre?

    • Alexandra L. St-Gelais

      Selon moi chaque personne vit sa normalité. Il n’y a aucune définition propre à l’intimité que nous avons besoin dans notre vie.
      L’incompréhension de tes proches est peut être véhiculé dû aux pressions sociales.
      Si toi tu es bien avec ta situation, c’est entièrement normal.
      Nous n’avons pas a basé nos principes selon ceux des autres.
      Soit authentique avec ce que TOI crois être le mieux pour ta personne.
      Le reste, on s’en fou !
      Soit honnête avec toi-même avant tout :)

      • Phil

        Merci tellement de ton commentaire. Il m’a fait du bien. Je me sens un peu perdu ces temps-ci. Mes proches me mettent de la pression. Une amie veut me matcher avec quelqu’un et jai refuse de participer a la sortie organisee.

        • George

          Eurk, les blind-date sont le pire cauchemard de l’humanité selon moi.
          Si tu veux me présenter quelqu’un, fait un gros party/soirée entre AMIS et laisse faire la vie. Merci bye

    • Caroline De Roy

      L’asexualité est maintenant reconnu comme une orientation à part entière. Elle se définit par l’absence d’attirance de nature sexuelle sans nécessairement sous-entendre l’absence de désir de relation de couple. Si tu lis l’anglais, la page Wikipedia est très bien écrite et bien documentée https://en.wikipedia.org/wiki/Asexuality Bonne chance pour la suite :)

    • Josiane Henault-Campeau

      Bonjour Phil. Je suis prof de yoga et ta question a retenu mon attention. J’en ai aussi en échange. :) As-tu envie que ça t’intéresse? Mon autre question te surprendra peut-être, mais qu’en est-il de ta creativité? Te considère-tu creatif? Finalement, je t’explique rapidement les théories relatives à l’énergie sexuelle. L’énergie sexuelle est considérée dans les traditions orientales comme étant l’énergie la plus puissante qui anime nos vie. C’est l’énergie créatrice, l’énergie de vie qui impulse à l’action. Elle est donc conséquement responsable également de notre volonté naturelle à vivre dans le monde et accomplir des choses qui nous stimulent et nous font sentir épanouis, heureux et accompli et surtout, en relation avec le monde à tous les niveaux. En d’autres mots, en réponse à ton commentaire, je considère ton intérêt pour la sexualité comme quelque chose de tout à fait personnel et je te lance donc ces quelques autres pistes de réflexion pour que tu décide depuis une perspective plus large si oui ou non tu crois que ton énergie sexuelle serait bloquée et si oui ou non ton niveau de satisfaction général mérite que tu t’attardes à le stimuler. En fait, c’est que ton témoignage, à vue d’oeil, peut indiquer 2 possibilités. Soit tu t’es réfugier dans un mode de vie très isolé et cérebral, ce qui indiquerait un blocage que tu profiterait sans doute à libérer, soit tu vis une vie tellement remplie au niveau social, créatif et tu te sens tellement connecté et passionné par la vie et tes activités que toute ton énergie sexuelle est canalisée de cette façon. Si c’est le cas, réjouis-toi! Peu de gens y arrive. :)

  • Christian M.

    Une autre victime du consensus sur la conformité sexuelle socialement acceptable. Really? Accepter votre classification comme personne qui ne voit aucun intérêt à l’échange de fluides ou de contacts génitaux ne fait pas de vous une non-personne. C’est le lot d’un tas de personnes qui font des choix conscients. Votre première mission sera de vous sacrer de l’opinion d’autrui. C’est le cas des gens bien avec eux-mêmes. Sur ce, poignée de main virtuelle et petite tape dans le dos.

    • MMmeToutlemonde

      😶!!! Une belle compréhension 😢

  • Christian M.

    Dois-je souligner l’iconographie sans relation avec l’article de super mollets féminins chaussés de « fuck shoes du samedi soir ». Come on! Il y a 1000 sexualités pour 1000 personnes. Vous êtes qui pour juger?

  • Isabelle

    Elle devrait aller consulter une sexologue ;)
    C’est un choc post-traumatique qu’elle a subit alors qu’elle était adolescente.
    Je parle d’expérience…

  • Pat

    Je suis une fille de 35 ans et je n’ai jamais couché avec personne, ni frenché, ni rien. Je n’ai jamais été populaire, alors les occasions ont toujours été très rares. Je me fais souvent demander si je suis lesbienne parce que j’ai toujours été célibataire, mais ce n’est pas le cas. Je préfère être où j’en suis présentement que d’avoir eu des one night stand décevant, mais ça reste que c’est pas normal d’être encore vierge à 35 ans.. Je ne pense pas que j’oserais l’avouer à un gars que je rencontrerais, en tout cas. Ça fait pas très winner, c’est certain.

    • Mélanie

      A 35 ans, je me suis retrouvée célibataire après 15 ans de vie commune avec un homme froid, complexé et très scrupuleux. Ma vie amoureuse et sexuelle n’avaient jamais été satisfaisantes, je me trouvais incompétente et ignorante au lit, j’avais peur des hommes… pas peur qu’il soient méchants mais plutôt peur de les décevoir ou qu’ils me rejettent. Ca me foutais une peur bleue. Je me suis inscrite sur certains sites de rencontre. J’ai été honnête. Quand on s’est intéressé à moi, qu’on a eu envie de me rencontrer, j’ai dit que je recherchais la chaleur d’un homme, mais que je n’avais d’autre talent que celui de savoir me laisser faire au lit. J’ai dit que je croyais être affectueuse mais qu’en fait je ne savais pas comment m’y prendre parce que j’avais jamais eu la chance de me laisser aller. J’ai même dit que ma bouche n’allait pas partout…. Et ma franchise a joué en ma faveur. Sincèrement, au départ, j’aurais préféré en rencontrer un seul plusieurs fois, mais les choses (entre autres la distance) ont fait en sorte que j’en ai plutôt rencontré plusieurs une seule fois. Pendant quelques mois, j’ai eu une vie sociale assez bien remplie et j’avoue que je gardais ca pour moi, que le jugement des gens me faisait peur. Mais tu sais quoi? J’ai rencontré des gars gentils. Pas pour faire ma vie, mais des gens avec qui passer une belle soirée. Et le fait d’avoir mis les cartes sur table, d’avoir dit ou j’en était dans ma vie, que j’avais besoin qu’on m’apprenne à me laisser apprivoiser, ca a fait en sorte de ne décevoir personne. À la limite, ca semble surprenant mais j’ai eu l’impression que les gars trouvaient ca «cute» que j’ai besoin de leur «aide» pour en apprendre davantage sur les plaisirs de la vie. Et quelques rencontres plus tard, j’ai fait la connaissance d’un gars qui m’a dit qu’il n’avait jamais eu autant de fun au lit qu’avec moi. Qui? Moi!!! Cette rencontre qui n’allait pas aller plus loin fut tellement déterminante pour moi. On venait de m’enlever un énorme poids sur les épaules! Je n’étais pas aussi décevante que je l’imaginais? J’étais normale? J’étais adéquate au lit? J’étais d’aussi agréable compagnie que les autres filles… Malgré le fait que je pese près de 300 lbs, malgré le fait que je suis une maman de 2 jeunes enfants et que ca n’a rien de tres séduisant, malgré le fait que je suis la fille la plus ordinaire du monde… J’ai appris que je pouvais plaire. Pas à tous, mais à plusieurs… Et cette révélation a fait que je suis bien dans ma peau maintenant. Bien avec moi. Bien d’être moi. Je n’ai plus rien à prouver, ni a moi ni a personne. Les mois ce sont écoulés et j’ai maintenant un ami fidèle et sincère avec qui je passe beaucoup de temps depuis les derniers mois… Maintenant la vie est bonne pour moi :)

      • Mélanie

        Cela dit, on n’a pas tous les même envies ni les mêmes besoins. Pour ma part, je n’ai pas fait ces rencontres dans le but de trouver le grand amour. Ma faible estime de moi n’aurait pas pu mener vers ca. J’avais besoin d’apprendre à me laisser aller. à me laisser toucher et à prendre plaisir à toucher l’autre aussi. En fait, j’avais besoin d’apprendre qui j’étais…

  • Liz

    Moi aussi j’ai vécu de l’anxiété sociale souvent dirigé envers les hommes. Il faut être muni de patience et de courage. Il faut travailler fort sur cette anxiété lorsqu’elle se présente et ne pas se décourager. Un jour, quelqu’un de bien arrivera et comprendra que ça doit se faire slow pour toi, même si tu ne lui donnes pas toutes les raisons du pourquoi. Si cette personne est là pour toi, pour te connaître, et pas juste pour le sexe, elle n’aura pas de problème à attendre et être compréhensive.

    Ça nous paraît improbable que ça arrive lorsqu’on vit cet enfer, mais il ne faut jamais perdre espoir !

  • Dave

    C’est bien de lire ca je trouve, je me sent moins weird, 32ans, sa fait 12ans que je suis celibataire et ma vie sexuelle se resume a ma main droite, parfois je varie avec ma main gauche… attention, des fois c’est le party, la partouze, avec les deux en même temps :D

    Est-ce que sa me dérange? un peu, mais pas tant que sa..

    Tout comme cette fille par contre, le manque d’affection est omni-présent.. Un calin s.v.p? :D

  • AR

    Petit message pour Christine. Que je te comprends! Seul 3 hommes sont entrés dans mon lit et pour y parvenir il ont eu le privilège (!!) de me tenir les cheveux entre deux caresses pour que je vomisse… Ils ont compris que ça finirait par passer et que malgré mon stress j’étais bien consentante (car ils ont eu besoin d’être rassurer eux aussi!). J’ai marié le 3e et l’intimité ne pose plus aucun problème. Je suis certaine que tu n’es pas seulement une fille anxieuse et compliqué: t’as pas besoin de mentir tu as aussi autre chose à offrir! PS:Merci aux hommes patients et doux de cette planète!

  • Anonyme

    Je me reconnais tellement dans ce texte!!! J’ai eu ma première relation sexuelle à 24 ans. Je mentais aux gens concernant mon passé amoureux parce que j’avais trop honte. J’ai consulté un psychologue pour m’aider à aller vers les hommes et surmonter ma peur de l’intimité. Je me suis forcée à faire des rencontres sur Internet. Je vomissais avant chaque rencontre. J’ai même dit à un gars, pendant une soirée, que j’allais aux toilettes, mais en réalité, j’allais vomir ma vie. Quand ça fonctionnait avec un gars et qu’on se revoyait, j’anticipais la suite. J’avais donc constamment mal au cœur, de mon réveil jusqu’au soir. Je ne voulais pas manger en présence du gars, car je n’en étais pas capable. J’inventais souvent des excuses pour expliquer mon faible appétit. Je tremblais souvent en présence des gars. Chaque fois que ça arrivait, le gars en question me disait : oh! Tu as froid?. J’embarquais dans son histoire en affirmant que c’était le cas, mais, en réalité, c’était l’anxiété qui prenait le dessus. Je me trouvais stupide de réagir de cette façon.

    Malgré mes peurs, j’ai continué à faire de nouvelles rencontres. J’ai rencontré quelqu’un avec qui ça fonctionne. Petit à petit, je lui dévoile des côtés de mon histoire, de moi. Je sens que je peux être moi-même avec lui. La meilleure chose que j’ai pu faire pour moi, ça a été de poursuivre et d’oser même si ça me rendait malade. C’est en s’exposant aux situations qui nous font peur qu’on réussit à les vaincre. Au début, on s’expose à de petites situations (soutenir le regard d’un homme, faire un compliment, …) et par la suite, on augmente le niveau de difficulté (aller à un rendez-vous, …).

    Bref, vas-y! Fonce. Il y a plus de personnes que tu le crois qui te comprennent et te soutiennent.

  • Chris (prénom fictif)

    Je suis un peu comme elle versus une ex phobie sociale combiné à de sérieux troubles anxieux. De plus je suis complexé par la taille de mon pénis qui selon les statistiques serait dans la normalité lorsqu’il est en érection mais pas du tout en mode repos. Alors je suis encore vierge à l’âge de 48 ans.
    C’est vrai que les gens réagissent mal face lorsqu’on a le guts de dire que l’on a n’a pas de sexe dans notre vie, notamment les femmes qui réagissent très mal à la virginité d’un homme. Je dirai toujours la vérité en espérant qu’une femme m’accepte comme je suis. Le côté mécanique d’une baise ne serait pas difficile pour moi quand je pense à mes habilités dans les sports. La difficulté serait plus de vivre une intimité pour une première sans avoir une nervosité extrême et le manque de confiance qui viendrait avec.
    Mais il faut que j’en vienne à une évidence que ça n’arrivera pas, puisque je suis un puceau âgé ayant un petit gabarit. Les femmes préfèrent les grands hommes d’expérience super bien membrés, tout le contraire de moi:(
    On m’a insulté à plusieurs reprises pour cette problématique, comme si j’étais un déchet humain pour certaines femmes.

  • Nancy

    Christine, don’t worry. Les gens sont obnubilés par le sexe de la même manière qu’ils le sont pour le hockey. c’est un phénomène de masse qui est maintenant perçu comme un signe de réussite.

    De nos jours être normal pour une femme c’est:
    1. Étudier et finir son bacc
    2. se trouver un ben beau chum
    3. faire des bébés
    4. acheter une maison à Repentigny
    5. faire du zumba le mercredi soir
    6. faire des photoshoots à repentigny, avec ses bébés, dans sa maison et les partager sur facebook pour prouver qu’elles ont réussi elles.

    sérieusement OUACHE.

    Dis-toi que c’est effectivement « la normalité » de la « masse ». mais la masse là c’est pas tout le monde. Personnellement, je déteste le sexe. Les odeurs puantes, la sueur, l’odeur de l’haleine de quelqu’un, les ongles pas bien coupés des hommes, le poil, les positions pas confortables, le sperme tout gluant et chaud qui goutte la marde OUACHE et j’en passe.

    C’est destiné à être un acte mécanique pour se reproduire. Je crois sincèrement que la nature a bien fait les choses et que certains ne sont pas faits pour aimer ça et d’autres sont de véritables nymphomanes. c’est ok tsé. c’est comme pas aimer le hockey et pas vouloir avoir d’enfant. Ca devient un tabou parce que ça concorde pas avec les 6 grands piliers de réussite chez la femme que j’ai énuméré plus haut. Bref. don’t worry. On s’en fout. L’important c’est que tu te trouves ta propre réussite.

  • Nancy

    Christine, don’t worry. Les gens sont obnubilés par le sexe de la même manière qu’ils le sont pour le hockey. c’est un phénomène de masse qui est maintenant perçu comme un signe de réussite.

    De nos jours être normal pour une femme c’est:
    1. Étudier et finir son bacc
    2. se trouver un ben beau chum
    3. faire des bébés
    4. acheter une maison à Repentigny
    5. faire du zumba le mercredi soir
    6. faire des photoshoots à repentigny, avec ses bébés, dans sa maison et les partager sur facebook pour prouver qu’elles ont réussi elles.

    sérieusement OUACHE.

    Dis-toi que c’est effectivement « la normalité » de la « masse ». mais la masse là c’est pas tout le monde. Personnellement, je déteste le sexe. Les odeurs puantes, la sueur, l’odeur de l’haleine de quelqu’un, les ongles pas bien coupés des hommes, le poil, les positions pas confortables, le sperme tout gluant et chaud qui goutte la marde OUACHE et j’en passe.

    C’est destiné à être un acte mécanique pour se reproduire. Je crois sincèrement que la nature a bien fait les choses et que certains ne sont pas faits pour aimer ça et d’autres sont de véritables nymphomanes. c’est ok tsé. c’est comme pas aimer le hockey et pas vouloir avoir d’enfant. Ca devient un tabou parce que ça concorde pas avec les 6 grands piliers de réussite chez la femme que j’ai énuméré plus haut. Bref. don’t worry. On s’en fout. L’important c’est que tu te trouves ta propre réussite.

  • Anonyme

    « C’est ce que j’aimerais le plus au monde qui arrive. Mais c’est aussi ce dont j’ai le plus peur »

    C veut tout dire… ça résume aussi mes pensées depuis une dizaine d’année.

  • Kate

    Je suis touchée par le témoignage de Christine. Bravo à elle d’avoir fait un travail concernant sa phobie sociale. Je lis qu’elle a été traumatisée par sa première relation sexuelle et j’en comprends qu’elle en fait un lien avec sa crainte de l’intimité avec un homme. Je ne sais pas qu’elle genre de thérapie elle a entamé mais je me permettrai de transmettre de l’information aujourd’hui car je suis une professionnelle de la santé. Concernant les traumatismes ou un vécu traumatique j’aimerais l’informer qu’il existe une excellente psychothérapie qui traite de cela. La thérapie est l’intégration du cycle de la vie (ICV). Elle est très efficace. Pour trouver un thérapeute qui la pratique il est possible de consulter le site internet de l’ordre des psychologues ou même d’appeler. C’est une approche qui n’est pas encore très connue au Québec mais qui est bien utilisé en France et aux États-Unis. Il y a quelques thérapeutes qu’ils l’offrent au Québec. Bonne chance Christine!

    *à urbania : juste de vous demander que cette information lui parviendra. Merci

  • Jess

    Cest quand meme le fun de voir qu’on est pas seule. Moi aussi je suis dans la meme situation mais avec zero expérience passé. Et j’avoue que plus le temps avance, moins je me sens normale et plus je stresse.

  • Anonyme pi toute

    Je ne peux pas dire que je comprends ce que vie Christine.

    Mais en lisant d’autres commentaire, je vois qu’elle n’est pas seul. Et avec les commentaires, sur certains points, je me retrouve

    J’ai couché avec un garçon pour la première fois à 21 ans. C’était il y a moins d’un an.

    J’ai jamais caché à personne que J’étais vierge. Je ne le criais pas sur tous les toits, mais si quelqu’un me le demandais ou si on jouait à  »je n’ai jamais » , ben je le disais, sans gêne.
    Les gens s’étonnent parfois, mais en général ( de mon expérience) les gens comprennent. J’ai jamais voulu faire ça avec un inconnu, un coup d’un soir, un gars que j’aime pas et qui ne m,aime pas. Ma première fois, j’voulais pas que ce soit  »comme dans les films avec des pétales de roses et de la musique romantique », mais j’voulais pas que ce soit trash.

    Y’a encore de l’espoir. Parmi les gens à qui je l’ai dit, j’ai un ami qui m’a dit avoir attendu 3 mois avant que sa copine soit prête, et que le temps venu, ce fut tellement magique. Qu’il ne le regrettais pas.
    J’ai eu une personne qui m’a dit : tu fais bien d’attendre. Moi ma première fois, le gars à attendu 10 minutes et m’a dit qu’il avait autre chose à faire. Il m’a même pas raccompagné à l’arrêt de bus.
    Et de mon copain, j’ai eu `Ya pas de problème. c’est comme tu le sens.

    L’autre côté de la médaille m’a beaucoup fait de peine. Ma soeur de 3 ans mon aînée a arrêté de fréquanter un gars en apprenant qu’à 27 ans, il était encore puceau.
    Bien dommage que les réactions ne soient pas les mêmes pour un garçon que pour une fille.
    Ou j’ai simplement été chanceuse.

    Les gens, être vierge n’est pas une honte. Peu importe votre âge. La bonne personne va comprendre, attendre et être patient.
    C’est ce que je vous souhaite.

  • laure

    Bonjour,
    Mon frère a 42 ans et je ne l’ai jamais vu en compagnie d’une femme et à ma connaissance il n’a jamais eu de petite amie, car quand on lui demandait (à l’époque où la famille abordait encore la question) il restait vague tout en suggérant qu’il n’avait rencontré personne. Il a toujours communiqué très peu là-dessus.
    Plus jeune, il y a 10 ans environ, je lui ai demandé s’il était gai et que je n’aurais aucun problème à l’accepter mais il m’a dit que non.
    C’est un homme très sociable, bon vivant, blagueur, créatif, excellent cuisinier mais aussi très sensible, attentionné, ce qui peut parfois être difficile à accepter pour un homme.
    Mon père, qui est assez viril et autoritaire, lui a fait des menaces au cas où il serait gai plus jeune.
    De mon point de vue il a une extrême timidité, voire une anxiété, comme Christine, qui l’empêche de se sentir à l’aise avec les femmes qui lui plaisent. J’aimerais l’aider à en parler car je sens qu’aujourd’hui il y a même un blocage à aborder la question, mais je ne veux pas qu’il croit que j’ai des attentes, ou lui mettre la pression. Je le sens bien tout seul mais en même temps c’est quelqu’un qui apprécie tellement le partage et la compagnie (et les enfants) que je pense qu’il pourrait être très heureux avec quelqu’un qui l’aime. Comment faire pour l’aider ou pour en discuter sans malaise avec lui ?
    Merci pour vos témoignages.