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Si les occasions de descendre au métro Radisson se font généralement rares, l’idée même d’aller visiter le PLUS ANCIEN centre d’achats couvert à Montréal devrait, à elle seule, vous convaincre d’aller vous perdre à l’autre bout de la ligne verte.
Visite guidée de cette incroyable et labyrinthique Place Versailles, en compagnie de Divan Viril, animateur à CISM et maître autoproclamé de l’est de Montréal.
Ce qui frappe en rentrant, c’est la hauteur des lieux, qu’on pourrait qualifier de plutôt haute. Surplombant le deuxième étage, on retrouve une horde de bureaux administratifs mystérieux, malheureusement inaccessibles.
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Échafaudée en 1963, la Place Versailles a connu un certain succès à plusieurs périodes clés de son histoire.
Après une première décennie marquée par l’arrivée du Miracle Mart et du Steinberg, et une deuxième marquée par celle du La Baie, le centre d’achats a pogné tout un boost avec l’inauguration de son deuxième étage dans les années 1980.
Dans les années 1990, le Zellers, le Rona et, surtout, le Fabricville ont été des centres d’attraction considérables, tout comme le X2o, repaire emblématique de linge gothique et punk, qui a dû déménager près du métro Sherbrooke depuis.
“Ça a l’air que les autres commerces autour tripaient pas trop d’avoir une tonne de punks dans place”, se souvient Divan Viril, à propos de ce défunt magasin revampé en un Au bon café plutôt sage. “Pour un magasin situé tout près de la fontaine centrale, c’est certain que ça aidait pas d’avoir une clientèle aux allures de coffre à pêche.”
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Parlant de fontaine, celles-ci sont des éléments incontournables de la culture Versailles. Créées par le sculpteur mexicain Augusto Escobedo et dévoilées lors de l’expo 67, deux de celles-ci retiennent particulièrement l’attention.
La première s’appelle Joie de vivre et montre “des enfants tout nus qui se crachent dessus et qui se vident de l’eau sur la tête”, selon l’interprétation on ne peut plus juste de Divan.
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La deuxième serait, quant à elle, une “variation intéressante des Trois Grâces de Raphaël” faite en résine de polyester, selon ce qu’avance Studiopluche sur son blogue.
En revanche, pour le commun des mortels qui visite la Place Versailles, celle-ci restera toujours “la statue des trois lesbiennes qui dansent”.
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Mais LA fontaine la plus incroyable jamais érigée se trouve plutôt dans la cour alimentaire. On parle ici d’une FONTAINE GRAPHIQUE qui envoie des messages de bienvenue et des signes du Québec à la journée longue.
“C’était l’entrée du Zellers avant”, explique notre connaisseur. “Quand le magasin a fermé, le Target, qui le remplaçait, voulait pas mettre son entrée principale là, fait qu’ils l’ont placardée. L’affaire, c’est que les gens du food court se plaignaient parce qu’ils n’avaient plus rien à regarder en mangeant… Target aura au moins servi à quelque chose une fois dans sa vie.”
Contrairement au Zellers, au Rona et à beaucoup d’autres magasins phares de la Place durant les années 1990, le Fabricville, lui, a réussi à survivre.
La clé de tout ça? Faire croire aux clients qu’ils ont eux-mêmes initié le virage web de l’entreprise.
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Pour ceux qui seraient intéressés à recevoir du mauve dans leur boîte courriel.
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Probablement le club le plus huppé et le plus prestigieux duquel on peut faire partie.
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Pour ceux qui sont perdus en ce moment, Fabricville, c’est un détaillant de tissus ou, si vous préférez, “un excellent endroit pour apprendre à ses enfants à courir avec des ciseaux”.
En termes d’offres incomparables, le magasin ne laisse pas sa place. Actuellement, vous pouvez d’ailleurs bénéficier d’un rabais substantiel si vous venez d’un autre pays et que vous avez un accent.
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Autrement, le magasin offre une quantité incroyable de sortes de tissus. En fouillant un peu, on peut même y découvrir une certaine poésie.
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“Ça, c’est un look que Charles Aznavour n’aurait pas renié.”
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Chez Fabricville, les tissus sont tellement importants qu’ils ont le droit de parole.
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Au sortir de ce havre soyeux, on se rend compte que la personnification des tissus et, plus généralement, des objets est une chose commune à la Place Versailles.
Ce miroir, par exemple, traverse actuellement une crise d’identité.
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Juste à côté, on peut également trouver une table qui se prend pour un modèle de plancher.
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D’autres magasins optent pour de l’affichage trompeur.
“On est mardi, et le magasin est ouvert”, observe Divan. “C’est carrément de la fausse représentation.”
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En regardant le portefeuille orange dans la vitrine, les chemises grises et noires à droite ou la face du vendeur qui fixe l’objectif de notre caméra, on se rend compte que la couleur choisie pour le nom du magasin est en grande partie erronée.
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À l’inverse, ce magasin n’est pas à la hauteur du spectre coloré qu’il présuppose.
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Les nombreux corridors du rez-de-chaussée de la Place Versailles sont remplis d’innombrables surprises, à commencer par la lingerie Brière et sa chaleur ambiante étonnante.
Questionnée à savoir si cette chaleur est en lien avec le fait que les gens ont généralement froid lorsqu’ils essaient de la lingerie dans un magasin, la dame à la caisse est on ne peut plus claire. “Non ça a pas rapport, c’est juste qu’il fait excessivement chaud dans le magasin”, dit-elle, ferme.
Dans tous les cas, les spéciaux sur les culottes valent solidement la peine.
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Avec un nom comme ça, on se verrait mal dépenser plus que 20$ par soutien-gorge nous aussi.
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À côté, ce magasin carbure à l’énergie juvénile.
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Signe qu’on est en 2016 pis pas à peu près : y’a des coordonnées Snapchat et Instagram dans l’aire de jeux au fond du magasin.
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Parlant de coordonnées, le magasin Petrocelle ne laisse pas sa place, particulièrement du côté des vestons. “Ça, ça veut dire que ton veston est dans le global positionning”, indique notre guide. “Dès que quelqu’un te vole ton veston, ça t’envoie ses coordonnées.”
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Comme c’est le cas chez beaucoup de magasins qui tentent de combler un vide, les “Wow” et les “!” se font nombreux au Petrocelle.
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On tente également de nous faire croire que cette offre-là ne sera pas encore en vigueur dans trois mois.
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Tout dépend de votre perspective, mais chez certaines personnes, la fin de l’année commence en mars.
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En plein milieu du corridor, le magasin de cossins Daisy offre, quant à lui, des aubaines plus sélectives.
Par exemple, celle-ci est uniquement profitable pour le chanteur Stefie Shock.
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En espérant que ce soit la TVQ…
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À côté, ce magasin capte le regard par son côté fermé.
“À la base, y’avait un ‘te’ de plus dans le nom, mais le gars a pas eu le temps de finir la pancarte…” nous informe notre guide toujours aussi érudit. “Y’est allé aux toilettes pis y’est jamais revenu.”
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En se dirigeant vers le corridor défraîchi où régnait hélas le Zellers (puis, pendant 23 minutes, le Target), on apprend, à notre grande surprise, que le nom d’une forme à huit côtés, c’est un octagone.
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Prestigieuse, cette rampe a du charisme à revendre.
“C’est comme à Mario Kart quand tu pognes le raccourci. C’est pas moins long, mais c’est plus l’fun.”
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Si vous vous demandiez où la monarchie mondiale venait acheter son or, arrêtez de chercher.
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Signe que le corridor moins entretenu est à nos portes, on aperçoit le Multi Tech Pro, un magasin d’électro cheap qui, en temps normal, se serait contenté d’un stand mobile proche des toilettes ou de la sortie.
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Genre là.
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EN EXCLUSIVITÉ : La maison de ce fameux Maxim.
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C’est garanti : y’a pas grand-chose que votre enfant veut plus que venir se faire couper les cheveux dans une navette ou un dauphin en plastique au Petit Versailles.
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Histoire de pousser l’audace un peu plus loin, le salon de coiffure juvénile mise sur un service de location de carrosses. La business roule tellement rapidement que les vendeurs ont pas le temps de commencer à donner du change aux clients.
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En montant au deuxième étage, on se rend compte que ce corridor problématique n’était, en fait, qu’un infime aperçu de ce qui nous attendait au deuxième étage.
L’accueil donne le ton.
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‘Ils ont tout mis les magasins plus douteux qui ferment à 5-6 heures en haut. C’est assez ingénieux comme stratégie”, avance l’animateur.
Aperçu de ces établissements commerciaux d’envergure :
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Principal centre d’attraction du deuxième étage, le centre d’empreintes digitales mise sur un design Word Art pour afficher son numéro de porte.
“C’est la place pour les empreintes digitales à Montréal”, dit Divan, probablement en connaissance de cause. “Si t’es un ancien prisonnier, tu peux aussi faire ta demande de pardon ici.”
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Afin de joindre l’utile à l’agréable, la Cour municipale de l’est a décidé de s’implanter juste à côté.
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Avec son ascenseur VIP à elle seule, la Cage aux sports clôt notre visite du deuxième étage.
Malgré les récents changements de Louis-François Marcotte, l’endroit a gardé son principal feature : l’avion RIB 8-16.
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Probablement jaloux, le Safari, juste en bas, tente depuis longtemps d’amorcer une rivalité contre la Cage avec son gros calice d’avion au plafond.
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Autant le décor exotique que le stockage de reptiles, de poissons et d’oiseaux (S/O au toucan de 16 ans dans la fenêtre et au perroquet qui dit “bonjour” dans le fond) font de ce magasin le pet shop le plus next level de l’île de Montréal.
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En voulant sortir du centre, on découvre une autre allée qui, jusque là, était bien cachée.
Ce magasin masculiniste nous interpelle en premier lieu.
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Puis, le P&A nous ramène sur le chemin du bon goût avec ses bagues coquillages et ses casquettes colorées. “J’aime bien la casquette en poil de puma. Selon moi, c’est juste assez ironique”, relate Divan Viril. “À 2 pour 25$, je sais pas pourquoi je m’en priverais.”
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L’aventure se termine au bar L’Enjoué qui, contrairement à ce que son nom indique, n’a rien de bien jovial à proposer, mis à part trois gars qui essaient de convaincre une machine de cracher de l’argent.
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Et c’est à ce moment précis qu’on apprend que la Place Versailles est, depuis sa création en 1963, “le centre de l’élégance”.
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Qui l’aurait cru?