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Il y a celui qui ne veut pas payer de pension (le cheap). Il y a celle qui faisait trois heures d’autobus voyageur et une heure de taxi pour aller cogner à votre fenêtre pendant la nuit et vous dire qu’elle vous aimait encore (la désespérée). Il y a celui qui est parti avec votre meilleure amie lorsque vous tentiez depuis déjà plusieurs mois de tomber enceinte (le minable). Il y a celui qui a lancé votre chat par la fenêtre (le borderline psychopathe).
Puis il y a celle qui vous a poursuivi en enfer. Ça, c’était moi.
— Mon amie Caro : Ben là! Tu vas pas raconter ça!?!
— Moi : Pourquoi pas? Je leur ai déjà dit que j’écrirais là-dessus.
— Mon amie Caro : Tsé Cat… c’est pas ton meilleur boutte…
Pas mon meilleur boutte
Effectivement, l’histoire que je raconterai ici est loin de me présenter sous mon meilleur jour. Si mon article sur mes 13 pires dates à vie m’a valu une bonne dose de compassion et une date avec un charmant lecteur, ce texte va probablement faire fuir tous mes chums potentiels pour les 10 prochaines années.
À ma décharge, je n’étais pas une blonde folle.
Mon ex confirmerait plutôt que j’étais géniale, voire même la meilleure (si, si, c’est vrai!). Mais j’ai beaucoup souffert à cause d’une séparation qui m’a broyé le cœur. “Brisé” étant un mot trop faible. S’en est suivi un deuil immensément difficile que j’ai mis plusieurs, plusieurs mois à surmonter. Les étapes ne se sont pas succédé; j’ai avancé et reculé à plusieurs reprises.
Voici le récit de ce que j’appelle “ma poursuite en enfer”. Pas ma descente. Ma poursuite.
1- Choc et déni
Après une relation de sept ans, incluant une pause plus ou moins claire et officielle pendant laquelle on continuait à se voir, nous nous sommes laissés pour des raisons assez floues.
Pour moi, l’étape du déni est venue d’abord et a duré un bon trois ou quatre mois. Je croyais, à tort, que soit c’était temporaire, soit ça ne me dérangeait pas tellement qu’on ne soit plus ensemble. Jusqu’au jour où, au téléphone, il m’appelle “bébé”… Euhhh PARDON?!? Il ne m’avait jamais appelée comme ça. Tous les surnoms d’animaux cute et de fruits rouges avaient été employés pendant notre relation. Mais un vulgaire “bébé”, ça non.
J’ai alors compris que c’était le surnom de sa nouvelle blonde. Believe you me, je suis sortie de mon déni ben assez vite.
Le choc a donc été celui de réaliser que c’était non seulement une vraie séparation, mais qu’il m’avait remplacée pas mal vite… Comment était-ce possible? J’étais pourtant si formidable? Cette période d’incompréhension a été accompagnée de beaucoup de soupe aux pois Habitant, de Kraft Dinner mangé directement dans la casserole et d’appels à tous les matins avant d’aller travailler pour lui demander si c’était une joke.
2- Douleur et culpabilité
Malheureusement, ça n’avait rien d’un gag. Au même moment, j’ai quitté un appartement que j’avais occupé pendant presque 10 ans et je suis déménagée temporairement dans le sous-sol pas fini et humide d’un couple d’amis. Mon corps et mon âme entiers faisaient mal et je me “poppais des pills” au grand dam de ceux qui m’hébergeaient.
Ma vie a commencé à ressembler au sous-sol dans lequel je vivais : j’étais rendue pas mal bas. C’est là que, pour faire compétition à Julian Assange, je suis devenue l’obsédée d’internet. Je stalkais tout le monde pis sa grand-mère. Je harcelais mes amis pour qu’ils me disent que j’étais plus belle que la nouvelle blonde de mon ex. Je faisais des grands calculs scientifiques pour prouver que mon ratio taille-hanche-poitrine lui convenait plus que celui de l’autre fille.
J’étais rendue folle.
3- Colère
Période aussi appelée “j’ai peur de devenir comme Guy Turcotte”. Oui, j’ai demandé ça à ma psy pour vrai. Elle a ri et m’a assurée que j’étais très, très loin de cela, mais la colère n’était tellement pas une émotion que je connaissais que ça m’inquiétait.
Ma nouvelle obsession était d’aller lancer des œufs sur sa maison et sur son auto. Je le textais en lui disant de s’y préparer… Heureusement pour tous, je ne l’ai jamais fait. J’étais tellement en colère que ma vie soit rendue aussi merdique que mon objectif était de le déranger continuellement et de le faire vivre dans la peur.
J’ai cessé quand on m’a convaincue que c’était le genre de raisons pour lesquelles on appelle généralement la police.
4- Marchandage et négociation
Si tu reviens avec moi, je te donne la table de cuisine. Si tu laisses ta blonde, je paye tes dettes d’études. Tsé quand on dit marchandage… moi c’était du vrai. J’essayais d’acheter son amour, littéralement. Je sais que c’est pathétique et que vous me jugez profondément, mais j’étais triste. Et vous aurez compris qu’à ce stade-là, il y avait une limite à l’efficacité d’envoyer par courriel les paroles et/ou une analyse profonde et détaillée de “Pour que tu m’aimes encore” de Céline Dion.
De toute façon, je l’avais déjà fait.
5- Dépression et tristesse
Une longue étape mettant principalement en vedette mon divan. Le jour, je regardais toutes les compétitions olympiques à la télé en me disant que j’étais capable d’être une vainqueure de la vie comme eux. La nuit, je regardais des émissions religieuses en me disant que seuls les preachers américains pouvaient m’aider à trouver mon salut.
J’ai frappé mon Waterloo le jour où je suis arrivée chez une amie en lui disant (sérieusement) : “J’ai mon combo poutine-pogo. Je viens d’acheter mon Loto-Max. Je vais juste aller mettre mes joggings et regarder les résultats de la loterie pis après je suis toute à toi.” Elle a prononcé les mots B.S., pathétique, et après, on a ri.
C’est là que j’ai commencé à remonter la pente.
6- Reconstruction
J’aurais pu faire un bon tour du monde avec tout l’argent que j’ai payé en thérapies diverses. Si ma psychologue a été d’une grande aide, quelques mauvais forfaits achetés sur Groupon (site par lequel j’ai été étrangement obsédée pendant cette période; je pense que j’essayais d’acheter du rêve à bas prix) se sont avérés moins efficaces. Comme la maître Reiki que j’ai vue huit fois et qui me disait que toute ma culpabilité était emprisonnée dans ma hanche. Ou comme l’Institut du son et de la lumière (oui, ça existe) qui a voulu me faire des traitements de luminothérapie rouge et bleue parce que c’était les couleurs dont mon corps avait besoin pour guérir.
Finalement, le temps, le rire, le vin blanc et l’aide de mon entourage sont venus à bout de me ramener à la vie.
7- Acceptation
Le jour où je me suis inscrite sur des sites de rencontres, j’ai su que j’étais rendue ailleurs. Toutes ces étapes ont été extrêmement difficiles, mais je sais que je serai à jamais une meilleure personne et, par le fait même, une meilleure blonde parce que j’ai pris le temps de tout vivre, de tout analyser, de tout comprendre, de tout guérir.
La seule chose c’est que l’expression “What doesn’t kill you makes you stronger”, ben ça a ses limites. Des fois, what doesn’t kill you, ça te fait mal en criss pis ça laisse quand même des cicatrices. Aujourd’hui, mon ex et moi sommes amis et les cicatrices disparaissent un peu plus tous les jours.
Maintenant, qui veut sortir avec moi? Promis juré, je suis pas si folle que ça.