J’pense que le déclencheur numéro un de la folie c’est de ne pas avoir la sainte paix chez soi. Y’a de quoi perdre le nord quand tu payes ton loyer et que tu te fais quand même chier chez vous.

Une maison ça garde au chaud, mais ça sert surtout à bâtir un cocon qui garde à l’abri des cons.

« Quand la folie et le chaos s’infiltrent, la chenille se transforme rarement en papillon. » — Citation d’une grand-mère quelque part.

Que l’on habite un modeste 1 ½ aux planchers croches ou dans un château neuf, créer son havre de paix ça demande de l’ouvrage. Il faut être vigilant et empêcher le chaos d’entrer par la porte d’en avant, par celle d’en arrière et même par la fenêtre. Si par mégarde « ze shit » devait rentrer par une fissure dans les fondations, faut avoir le guts de lui montrer la porte au PC.

Advenant que tu habites avec la personne qui excelle en production de marde en série, Qualinet n’est pas qualifié pour ce genre de déversement alors je privilégie la technique coups de pieds au postérieur qui peut s’appliquer de deux façons :

  1. Lui en donner afin de le ou la mettre dehors;

OU

  1. S’en donner à soi-même pour trouver un autre foyer.

Les transporteurs de complications sont partout.

On finit tous par connaître un spécialiste en siphonnage d’énergie qui nous fait soupirer dès qu’on aperçoit son numéro sur l’afficheur. Celui qui met plus d’efforts à t’amener dans sa tempête qu’à ramener le beau temps dans sa propre vie.

Ils vivent pour la tornade, non pas pour la regarder passer, mais pour se garrocher dedans à pieds joints. Une fois le saut fait, leur activité préférée consiste à se plaindre d’avoir des débris de tôle qui leur passent à deux pousses du crâne.

On n’en connaît tous un. Cette éternelle victime qui en fait son identité. Une personne qui se considère intéressante si seulement et SEULEMENT si elle a quelque chose de négatif à raconter. Elle traîne généralement un passé lourd, garni de mauvais choix et c’est toujours la faute des autres.

— J’aurais jamais été en prison si on m’avait pas stoolée.
— Faux. T’aurais jamais été en prison si t’avais pas vendu d’la poudre fille.

— Je me suis faite mettre dehors, mon boss est con!
— Faux, t’es dehors parce que t’arrivais en retard une journée sur 3 jeune homme.
— Ouain, mais c’est pas de ma faute le métro est toujours en retard.
— Lève-toi plus tôt.
— Oui, mais je fais de l’insomnie.
— Va consulter.
— Ben non, ça coûte ben trop cher!
— Inscris-toi à une clinique du sommeil. C’est gratuit.
— Y’a genre un an d’attente, c’t’un système de marde, le gouvernement c’est de la marde!
— Ah oui, c’est vrai j’avais oublié c’est jamais de ta faute.

SUPPRIMER CONTACT DE MA MAISON.

Y’a moyen d’avoir de la compassion pour les gens qui sont dans l’trouble tout en les gardant à une distance raisonnable. Développer une bonne oreille, offrir des références de soutien plus qualifiées, matcher le poqué avec une ancienne poquée qui s’en est admirablement sortie…

Mais jouer au super héros en laissant entrer le syphonneux dans son intimité, c’est mettre sa sainte paix en danger.

C’est tentant de se concentrer sur la tornade des autres. Les soucis des autres, c’est du camouflage à merde chez soi. On se sent utile, compétent et ça met un baume sur l’incompétence qu’on ressent face à nos bibittes. MAIS C’EST UN PIÈGE, une tactique de divertissement pour que tu cesses de monter la garde devant TES portes et TA fenêtre.

Travailler à garder un chez-soi sain, ça demande beaucoup d’ouvrage, mais c’est comme avoir un tuteur dans le derrière. C’est pas full confo, tu marches décalé au début, mais ça te garde droit, centré et ça te permet de pousser vers le soleil. (Bon ok l’exemple est douteux et peu invitant, mais tu piges, j’en suis certaine.)

Je souhaite à tout le monde de travailler pour un chez eux merde-free.

Ça permet d’être plus patient dans le trafic, de voir la vie avec un filtre en couleur, de rire des gaffes des enfants au lieu de pogner les nerfs, de baisser le ton quand on se chicane et de monter le ton quand on chante; bref, d’avoir la mèche plus longue et le sourire plus franc.

Love, xx

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Pour lire un autre texte de Mélanie Couture : « J’ai pas le temps, il faut que je sois belle »