Quand on dit « Monaco », les associations d’idées qui jaillissent généralement sont :

  • une Ferrari rouge;
  • un milliardaire qui flambe au Casino;
  • du magasinage de carrés Hermès et de sacs Chanel;
  • le rocher et son Prince;
  • le Grand Prix de formule 1;
  • un millionnaire qui flambe au Casino.

Pourtant, Monaco ce n’est pas que ça.

C’est ça bien sûr, mais si on fait un petit effort, on peut éviter le « bling-bling » ostentatoire et le luxe tapageur et traverser cette ville-principauté comme n’importe quelle autre ville… ou presque.

Marché en centre ville

Vive la botanique!

À première vue, Monaco n’est pas le paradis du monde végétal. Si l’on regarde la liste des pays les plus denses de la planète, la principauté arrive même en tête avec une population d’environ 40 000 habitants qui se tassent les uns sur les autres sur seulement 2 km2! Autant dire qu’il y a de nombreuses tours d’immeubles.

Mais dans cette forêt de béton, on trouve malgré tout quelques oasis de verdure. Bien sûr, il y a le Jardin exotique qui exhibe depuis son ouverture en 1933 toutes sortes de plantes venues d’ailleurs comme les cactus mexicains, mais mon endroit « végétal » préféré de Monaco, ce sont les Jardins Saint-Martin. Ils sont littéralement suspendus sur la façade du Rocher et donnent directement sur la mer. Non seulement la vue est magique et le lieu parfaitement fleuri confine à la contemplation, mais surtout, on est ici isolé du brouhaha touristique que l’on trouve quelques centaines de mètres plus loin, devant le Palais ou plus bas, sur le port.

Monaco jardins Saint Martin

 

Je me suis parfois posé sur un des bancs de ces jardins en escalier avec en visuel la douce Méditerranée et un bon bouquin entre les mains… c’est ça pour moi le vrai plaisir monégasque. Il y a deux autres endroits qui valent le coup d’œil pour qui aime les jardins, c’est la Roseraie Princesse Grâce et ses 8 000 rosiers parfaitement entretenus et le Jardin japonais, espace végétal on ne peut plus zen, avec son ruisseau, son pont, sa cascade, son pavillon et ses haies de bambou qui font quitter instantanément la Principauté.Jardin japonais 2

Promenons-nous

Un des plaisirs simples de la vie n’est-il pas de se promener, de déambuler, de flâner au rythme de ses pas?

À Monaco, on peut se balader vers le Casino, regarder l’étalage de luxe dans les vitrines des boutiques de grandes marques, mais on peut aussi aller du côté du port.

Port de Monaco

Il faut aller au bout, en empruntant le quai Antoine 1er. Pas jusqu’au bout, car on arrive sur la digue de l’avant-port. Il faut tourner à droite et on se trouve sur un étroit chemin qui longe le rocher. On se retrouve alors agréablement coincé entre la pierre à droite et la mer à gauche.

Sentier derrière le rocher pour la promenade

La promenade n’est pas très longue, mais elle est intense. Peu de touristes s’aventurent par là. On remonte ensuite vers le Rocher et le musée océanographique, pour aller voir les Jardins Saint-Martin que l’on vient d’évoquer.

L’Oliveraie

Non l’Oliveraie n’est pas un endroit où les riches habitants monégasques (pléonasme?) achètent leur huile d’olive à prix d’or. À l’Oliveraie (Place des Moulins), on y mange. Oh attention, ce n’est pas la cuisine gastronomique du resto Louis XV d’Alain Ducasse, loin s’en faut! C’est même tout le contraire.

C’est un simple snack qui ne paye pas de mine, mais qui a une âme.

Oliveraie

À vrai dire, c’est uniquement une terrasse où l’on trouve une petite fontaine à peine bruyante. Quant au menu, le plat le plus évolué est le hamburger-frites. Pas de la haute gastronomie je vous dis! Mais peu importe, ce qui me plait ici, c’est plus l’ambiance « bistro » que la nourriture.

C’est le quart de vin en carafe, c’est écouter les discussions improbables des piliers de la place qui viennent poser leurs fesses à l’Oliveraie religieusement tous les jours à partir de 16h, c’est lire un magazine sous la douce chaleur de la chaufferette en hiver, c‘est ne pas se faire escroquer quand vient le temps de payer l’addition sous l’unique prétexte qu’on est à Monac’…

Un peu nostalgique du pays, je me suis commandé un bagel. Bon, je ne vous cacherai pas que ce ne fut pas le meilleur bagel que j’aie mangé de toute ma vie. N’est pas Bagel Fairmont qui veut. Mais, encore une fois, on ne va pas « Aux Moulins » comme disent les habitués pour la bouffe non, on y va pour l’expérience.

Plein de petites choses

Il y a plein de petites choses à faire à Monaco qui peuvent nous maintenir loin du côté « bling-bling ». Les chrétiens les plus pieux iront faire un tour à la cathédrale de Monaco, à l’église Saint Dévote ou à l’église du Sacré-Cœur.

Cathédrale de Monaco

Les amateurs de produits frais iront faire un tour au charmant petit marché de l’avenue Saint-Charles où nulle Ferrari ne peut circuler. Les romantiques pourront investir la plage du Larvotto et se payer un petit pique-nique face à la mer ou bien un peu plus loin, dans la crique, cette plage secrète sur le chemin des pêcheurs, en contrebas du fort Antoine. On peut aller visiter la collection de voitures anciennes du Prince (très belle collection) pour seulement 6,50 euros. Un autre plaisir tout simple l’été, c’est le cinéma en plein air. Sur un transat on regarde un film dans un cadre sublime, sous les étoiles, avec vue sur mer!

Apéro

On termine avec un bon plan apéro. Le soir sur le port dans la plupart des bars, il y a le « happy hour », de 18h à 20h ou comment prendre deux verres pour le prix d’un. J’aime particulièrement celui du bar Le Before, car en plus de la formule un verre (ou une bouteille) acheté, un verre (ou une bouteille) offert, les serveurs nous gratifient d’un joli plateau apéritif bien garni et bien gratuit.

Apero Bar le Before

Et là on se dit que deux verres de vin avec plateau d’amuse-bouche en terrasse face au port dans la ville des milliardaires seulement 7 euros, c’est du « bling-bling » abordable en maudit!

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Pour lire un autre reportage Ville de la semaine : La ville de la semaine – Cap-Rouge d’Anne B-Godbout.