Difficile de faire comme si ça n’existait pas – décembre est synonyme du temps des fêtes, du moins, c’est ce que la télévision, la radio, les publicités, les affiches au centre-ville, les chansons et les vacances nous disent.

Qui fête quoi?

Ça, les pubs de Coke ne le soulignent pas. Je présume que c’est un gros secret parce que tout est emballé de papier coloré et les gens n’osent pas retourner au travail le 25 au matin, sûrement trop honteux d’avoir fêté « cette chose » durant « ce temps » qu’est décembre avant le passage au Nouvel An.

La magie de Noël, c’est peut-être ça – préserver les secrets et les aventures, sauf une fois au chalet.

En attendant de mettre le doigt sur ce que l’on fête exactement, voici 5 raisons de haïr le temps des fêtes :

1- C’EST UNE FABRIQUE À SOLITUDE

Ironique, je sais, mais le temps des rassemblements est, pour plusieurs, un cruel rappel qu’il n’y a personne autour d’eux pour effectuer lesdits rassemblements.

Le reste du temps, la solitude est un mal avec lequel on compose au quotidien, à petite dose, entre deux pizzas commandées tard le soir et terminées au déjeuner le lendemain midi.

Directement, Noël ne provoque pas la solitude. Sauf que voir des familles heureuses et unies sur toutes les tribunes, c’est agace. Quand un itinérant te demande de la monnaie, ça ne se fait pas de lui passer un vingt piasses sous le nez en chantant qu’il y en a plus dans ton compte de banque. Quand tu sais que ton 24 au soir sera une date avec ta télé, ou une soirée à siroter une grosse 50 dans un karaoké déserté sur la rue Ontario, les dizaines de rappels quotidiens que Noël « ça se fête en famille », ben, ils te font suer.

En fait, ils te donnent envie de frapper des choses, des gens, des gens avec des choses. Un peu comme Michael Douglas dans le film Falling Down : les fils se touchent.

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Et quand les fils se touchent en écoutant pour la sixième fois d’affilé Jingle Bells, des choses se passent.

Des choses qui, le lendemain, se pointent dans tes souvenirs avec une barouette pleine de regrets. Et si les choses se passent dans un bar le 24 au soir avec d’autres esseulés, je peux vous garantir que le matin de Noël ne sera ni joyeux ni festif.

Par contre, vous n’aurez pas à vous soucier de prendre 15 livres durant les vacances des fêtes. Déchanter son réveillon contre la porcelaine d’un bol de toilette, c’est bon pour la ligne.

2- LES CROONERS QUI SE PAYENT DES CHALETS SUR LE DOS DES CANTIQUES

On jase – la musique de Noël, c’pas supposé être festif?

Qui est heureux en écoutant Ave Maria ou bedon Il est né le divin enfant? Les grosses voix ténors en sourdine pendant un souper avec les grands-parents, suis-je le seul à qui ça donne des envies de s’enfoncer la fourchette à fondue dans l’oreille?

Pourquoi on passe 364 jours à dénoncer le crucifix de l’Assemblée nationale, mais on ne lève pas le sourcil d’un iota quand Joël Legendre nous chante la gloire d’une vierge qui accouche dans une crèche sous l’œil attentif du bon Dieu?

Au moins, La soirée canadienne sortait les rigodons et les planches à laver pour swinger la bacaisse dans l’fond de la boîte à bois. Mais L’enfant au tambour, sérieux, on peut-tu savoir qu’est-ce qui veut nous dire quand il n’arrête pas de répéter « para papam pam »?

C’est aliénant et d’une autre époque.

Déjà qu’on vit dans un monde où CHOM 97,7 FM tourne une chanson des Beatles toutes les quinze minutes et ce pour l’éternité, pourrait-on s’épargner des chansons à connotations religieuses?

Ou sinon, ben qu’on arrête de faire semblant que nous sommes un état laïque, parce que la messe de minuit, ben, elle se ne fête pas au Wal-Mart à ce que je sache.

3- LE STRESS!

La grande majorité des travailleurs ont des vacances entre Noël et le Jour de l’an. La durée est variable, mais il y a un congé quelque part pour fêter avec ses proches.

Jusque-là, ça va.

Moi, quand je suis en congé, j’aime ça user mon linge mou et tester le confort de mon entrejambe avec ma main libre pendant que je regarde un film ou une série en rafale. Tsé, avoir les priorités à la bonne place.

Sauf que durant le temps des fêtes, les congés sont drôlement chargés. Soupers, rencontres, magasinage, brunchs, marche dans le bois, activités extérieures, etc.

L’agenda se remplit par-dessus le mot VACANCES en surbrillance sur les cases de notre Google Calendar. En plus, l’agenda se remplit de choses pas forcément agréables précédées d’angoisses multiples qu’on pourrait facilement s’éviter.

Quel cadeau donner à la belle-sœur? Quel plat apporter pour le potluck dans la belle-famille? Mon oncle que je vois tous les trois ans, je lui donne un cadeau ou pas? Le p’tit chum de ma sœur qu’elle a rencontré dans un party louche trois semaines avant Noël, est-ce que j’apprends son nom? Un certificat-cadeau, c’est quoi le minimum que je peux offrir sans être insultant?

Qui va où, qui fait quoi, qui achète quoi, comment on se rend, quand, pour qui, pourquoi… ARGH! On peut-tu juste s’aimer pis se reposer pis être heureux d’être contents?

Des congés stressants, ça ne devrait pas exister.

Noël est un congé stressant… ou un congé déprimant si tu souffres de la solitude mentionnée dans le premier point. Il n’y a pas de scénario gagnant – sauf crisser son camp dans le sud en laissant son cellulaire à la maison.

Le rêve.

4- LE VERT ET LE ROUGE

Qui a décidé que c’était un bon mix de couleurs?

Dans quelle autre circonstance peut-on sérieusement porter des pantalons verts avec un chandail rouge, ou vice-versa?

À part Freddy Krueger, j’vois pas trop qui fait ça. Et parlant du sieur Krueger, parions qu’il ferait un père Noël pas mal plus inquiétant pour les enfants « pas fins » qui, au lieu de perdre une bébelle à vingt piasses comme punition, perdraient un bras ou une jambe.

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Ça ferait de la maudite bonne TV – come sit on Freddy’s lap!

5- LES GENS QUI TRIPENT BEAUCOUP TROP SUR CINÉ-CADEAU

Ok, calmez-vous avant de me lancer des roches.

Je n’ai rien contre Ciné-Cadeau, mais, je n’ai rien pour non plus. C’est une programmation télé avec des trucs le fun et des trucs franchement ennuyants. Comme pas mal toutes les programmations télé.

Quand je vois des gens faire un décompte sur Facebook, un post Instagram hommage à leur première journée devant Ciné-Cadeau cette année et un calendrier des reprises de Lucky Luke à ne pas manquer, c’est là que je décroche.

J’ai 31 ans. La ballade des Dalton, je dois l’avoir vue 20 fois. Ça ne m’excite plus le poil des jambes. Revenez-en.

Pis startez-moi pas sur Astérix et Cléopâtre, sérieux, l’hystérie collective est franchement inquiétante. Personne ne capote pour les rediffusions de Catherine à ICI ARTV, alors, calmez-vous le Astérix à Noël.

Ciné-Cadeau, c’est comme la masturbation : tout le monde le fait, souvent, mais c’pas une raison d’en parler sur Facebook.

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Pour lire un autre registre sur le temps des fêtes: Les 8 choses à ne pas faire à ton party de Noël de job par Les filles ne rient jamais.