Justine avait 18 ans lorsqu’elle a rencontré Alex. Il avait la fin-vingtaine. « C’était un gars très bien », m’assure-t-elle. « C’était pas un bum ou un gars dégueu. »

Elle insiste, parce qu’elle sait que sachant ce que je sais, je pourrais être portée à croire qu’Alex était une « mauvaise personne ». Parce que je sais que lorsqu’ils étaient ensemble, Alex a obligé Justine à avoir des relations sexuelles avec lui tous les jours de leur vie, sans répit, pendant quatre ans.

Dans le bar où je la rencontre, derrière son verre de Chardonnay, Justine me dit que sa relation avec Alex était en fait une très belle histoire. Elle avait tripé sur lui pendant des mois avant qu’ils entament une relation amoureuse. Au début, c’était magique. Il avait tout le temps envie de faire l’amour, mais elle aussi. Alors ils couchaient ensemble tous les jours.

Un an de baise continu s’est écoulé avant que Justine propose de diminuer la cadence de leurs relations sexuelles.

« Au bout d’un an, tu te tannes. C’est bon, là. C’est ben cool, mais on va se calmer. »

Mais Alex ne voyait pas les choses de la même manière. Alex refusait catégoriquement de laisser une journée passer sans sexe. Menstruée ou pas, mi-session ou pas, grosse journée ou pas, Alex voulait que Justine couche avec lui. C’était non-négociable. Alors Justine a continué à coucher tous les jours avec lui.

« Je n’avais pas de pause. C’était tout le temps. Il fallait que je sois malade pour qu’il me laisse tranquille. »

Au bout d’une autre année, elle a recommencé à se plaindre ouvertement du rythme imposé par Alex. Mais il n’a pas flanché à ce moment-là non plus. Il a plutôt commencé à dire à Justine, lorsqu’elle se plaignait ou lorsqu’elle tentait de le repousser, qu’elle avait un problème. « Il me disait : ´T’as pas de libido, t’as pas d’hormones, c’est pas normal que tu veuilles pas faire l’amour´. » Ou il boudait. Alors Justine a continué à coucher tous les jours avec lui.

« C’est sûr que c’est facile d’y croire. Tu te dis que c’est toi le problème. Ça suck. »

Il faut dire que la jeune femme avait aussi à l’époque des insécurités qui la prédisposaient à se plier à la volonté de son copain. Alex était un grand consommateur de pornographie. Un très grand consommateur. Et cela déplaisait à Justine. Elle avait l’impression de faillir à son rôle de bonne blonde si son amoureux ressentait le besoin de regarder de la porno. Alex le savait et il capitalisait sur cette insécurité pour obtenir ce qu’il voulait d’elle. Il lui disait que s’il était satisfait, il ne regarderait pas de porno. Alors Justine continuait à coucher tous les jours avec lui.

Parfois, elle devait sacrifier certaines activités dans sa journée pour s’assurer d’avoir le temps de faire l’amour.

« Cette idée-là était ultra présente. L’idée que sa sexualité dépendait de moi. »

Mais Justine ne ressentait plus de désir. Faire l’amour était devenu une corvée routinière, prévisible, fixée à l’agenda.

« C’était rendu comme me brosser les dents. Avant d’aller me coucher, je me brossais les dents, je fourrais, puis je me couchais. »

« À un moment donné, tu n’as plus de désir, parce que, seigneur, ça n’a pas de bon sang! Tu le fais tout le temps : c’est plate! Puis c’est là que j’ai commencé à avoir mal quand on faisait l’amour. »

« Je n’avais plus de lubrification, je n’avais plus de plaisir, ça faisait mal, ça chauffait… », élabore-t-elle devant mon air interloqué.

Justine m’explique que ses relations sexuelles étaient selon elle devenues douloureuses pour des raisons psychosomatiques. « Mon corps ne voulait plus, mais quand, moi, je l’exprimais, les arguments d’Alex que : ´c’est pas normal… t’aimes pas le sexe… dans les autres couples c’est comme ça…´ ça me travaillait tellement que je finissais par dire oui. Mais mon corps, lui, ne voulait rien savoir. »

Lorsque je lui demande ce qu’elle et Alex ont fait devant ce problème, Justine me répond que la solution a tout simplement été de recourir au lubrifiant.

« Il fallait trouver un moyen pour que ça rentre. »

Au bout de quatre ans, Justine a laissé Alex.

Une claque dans la face

Après la rupture, Alex a demandé à Justine de faire une thérapie de couple. Pas pour qu’ils reviennent ensemble, mais pour comprendre pourquoi leur couple n’avait pas marché. Il voulait faire une sorte de post mortem de leur relation. Elle a accepté.

Lors de la thérapie, Justine a expliqué qu’elle n’en pouvait plus de faire l’amour tous les jours. Elle a résumé toute l’histoire à la thérapeute, elle a parlé de la manière dont Alex réagissait lorsqu’elle ne voulait pas baiser et les raisons pour lesquelles elle pliait. La conclusion de la thérapeute a été très claire : Alex avait abusé de Justine.

« Je l’ai vu prendre le coup. Ça a été les crises de larmes, puis les : ´My God qu’est-ce que j’ai fait?´ Cet homme-là n’a jamais pris le recul nécessaire pour voir ce qu’il avait développé. »

« On n’avait jamais eu de chicanes là-dessus. Je peux comprendre que ça a été une claque dans la face pour lui quand la psychologue lui a dit : ´Voyons donc, qu’est-ce que tu faisais?´ Parce que, moi, je ne lui avais jamais dit : ´Voyons donc, qu’est-ce que tu fais?´. »

En finissant son verre de vin, Justine me dit qu’elle conçoit tout à fait que certains couples peuvent vouloir faire l’amour tous les jours sans qu’un des partenaires soit en train de manipuler l’autre: « Si c’est ce que tu veux, c’est cool. Mais ce n’était pas ce que je voulais, et je ne savais pas que j’avais le droit de dire non sans me faire répondre que je n’avais pas de libido puis que j’étais pas normale. »

« Après ça, tu deviens assez autoritaire sur ton propre corps. C’était un apprentissage à la dure. »

Aujourd’hui, Justine ne s’en laisse plus imposer. Mais elle déplore qu’il y ait une pression sociale sur les personnes en couples, en particulier sur les jeunes femmes, qui leur inculque l’idée qu’elles sont responsables de la libido de leur partenaire. « Si ton chum veut du sexe, donne-lui-en, parce que sinon, iiiish! Dieu sait ce qui pourrait arriver! », ironise-t-elle.

Détecter l’abus

Comment peut-on reconnaître un abus au lit lorsqu’il n’y a pas de viol? Lorsqu’il y a consentement, mais que ce consentement est donné à contrecœur?

J’ai posé la question à la sexologue Sophie Morin, qui travaille sur la manipulation et la violence psychologique.

La manipulation est une forme de séduction où la personne manipulatrice arrive à convaincre l’autre d’agir contre sa volonté en lui faisant miroiter que c’est dans son intérêt, m’explique Sophie Morin. Par exemple :

  • Vous n’aimez pas une pratique sexuelle et vous le dites. Or, vous ne savez pas trop comment c’est arrivé, mais votre partenaire a réussi à vous faire changer d’avis et ça vous laisse un drôle de sentiment;
  • Votre partenaire ne semble pas se soucier de votre confort. S’il voit que vous semblez inconfortable ou éprouver une certaine douleur, il tentera peut-être de vous dire que ce n’est « pas si pire », que la douleur diminuera avec le temps plutôt que d’arrêter;
  • Votre partenaire pourrait sous-entendre que vous n’êtes pas normal ou que vous avez un problème si vous n’aimez pas une activité sexuelle en particulier. Il pourrait vous convaincre de réessayer pour apprendre à aimer la pratique. Il pourrait aussi vous dire que c’est pour que vous deveniez un meilleur amant;
  • Votre partenaire pourrait laisser entendre que vous n’êtes pas une vraie femme/un vrai homme/que vous n’êtes pas cool si vous refusez une pratique.

« Les personnes manipulatrices dans la chambre à coucher utilisent un plus ou moins grand niveau de violence psychologique pour mieux manipuler l’autre. Alors que parfois, la manipulation sera bien construite et vous aurez l’impression d’avoir parfaitement donné votre accord, à d’autres moments, la personne basculera dans la violence psychologique ou verbale si elle n’a pas réussi à obtenir ce qu’elle souhaitait avec la manipulation », poursuit Sophie Morin.

Par exemple :

  • Votre partenaire ne se soucie pas de vos limites, ne cherche pas à les connaître;
  • Votre partenaire fait du chantage pour vous amener à adopter certaines pratiques sexuelles;
  • Votre partenaire vous fait des commentaires humiliants;
  • Votre partenaire va tenter de faire naître de la jalousie chez vous en menaçant d’aller chercher ce qu’il veut ailleurs;
  • Votre partenaire boude lorsque vous refusez de faire ce qu’il veut.

« Dans les deux cas, que la personne utilise la manipulation ou une forme de violence plus équivoque, elle ne vous voit pas comme un humain à part entière, mais comme quelque chose qui va l’amener à se satisfaire sexuellement », observe la sexologue.

Or, tout le monde a le droit d’avoir des limites, de les exprimer et de les voir respectées, au lit comme dans la vie.

Peu importe ce que l’on voit dans l’univers sans limites de la porno, et peu importe ce que la culture du viol tente de nous faire croire. Personne ne devrait jamais se sentir obligé de se commettre sexuellement lorsqu’il n’en a pas envie. Parce qu’on est en 2015, et que le sexe n’est pas un devoir conjugal.

***Ajout de l’auteure: La raison pour laquelle je n’écris pas qu’il s’agit de viol, c’est parce que Justine m’a clairement dit que ce n’en était pas. Elle donnait son consentement : c’est ce qu’elle m’a dit. De la même manière qu’il faut croire les femmes qui disent qu’elles ont vécu un viol, je considère qu’il faut aussi croire celles qui disent qu’elles n’en ont pas vécu. Ceci est un cas sensible, mais Justine est une jeune femme très lucide, je me fie donc à son interprétation de la situation.

Pour approfondir vos connaissances sur la sexualité, ne manquez pas, dès janvier, l’émission Sexplora, diffusée à Explora.

***

Pour lire un autre texte de Lili Boisvert: La fois où je suis allée à une soirée échangiste.

  • WOW! Super pertinent comme article BRAVO! Je souhaite que TOUT LE MONDE le lise!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Sophie

    Honnêtement, cet homme là a probablement quelque chose qui ne tourne pas rond dans son cerveau et devrait se faire soigner. Sauf que là……..

    Comment se fait-il qu’en 2015, une femme qui se fait probablement parler du consentement sexuel depuis son enfance (personne ne peut te toucher là – personne ne peux te forcer à le toucher là…. ce sont des règles bases qu’on apprends déjà très très jeunes en préventions contre le viol par des adultes, mais aussi à l’école et dans les médias) ne sache pas que de se faire « tordre un bras » ou « obliger » ou « manipuler » ou forcer d’une quelconque manière à avoir un rapport sexuel (CONSÉCUTIVEMENT pendant 4 ans????) ça s’appel de l’abus sexuel, voir même du viol??

    C’est ça qui m’horripile le plus dans cette histoire… Des hommes misogynes, manipulateurs, agresseurs, totalement déréglés du cerveau (ça marche aussi pour les femmes) ça ne m’étonne plus du tout…. mais des femmes (ou hommes) de notre société moderne qui se laissent faire de cette façon, ou pire qui ne comprennent pas encore que « Non c’est Non! » ça me glace le sang et je n’en reviens tout simplement pas.

    • Maryane Daigle

      Le  »victim blaming » c’est très malaisant… La honte et la non-reconnaissance des faits fait souvent partie du quotidien des survivant.e.s. Parler à travers son chapeau sur les raisons de l’aveuglement de cette Justine, c’est affreusement triste puisque vous ne comprenez visiblement pas sa réalité. Sans compter que le viol conjugal est encore très très méconnu voire marginalisé puisque pour plusieurs, on ne peut être agressé.e par son-sa conjoint.e.

      • Sophie

        Ce que vous dites est vraiment pertinent.

        Cependant je ne fais aucunement de « victime blaming ». Je ne blâme pas cette Justine pour ce qui lui est arrivé. Les hommes aussi se font dire durant leur enfance/adolescence que « Non c’est non! » et il est aussi totalement aberrant que ce Alex se soit « rendu compte » de son geste devant la psy après 4 ans d’agression sur son ex. Je ne crois absolument pas que cet homme ne savait pas PARFAITEMENT ce qu’il faisait durant toutes ces années, alors que le concept du consentement sexuel est un sujet qui n’est plus tabou de nos jours.

        Je suis simplement outrée par cette triste réalité du viol conjugal que vous relevez. Et je pense qu’avec toute l’éducation et la prévention sur le plan sexuel que nous recevons depuis notre enfance, cela ne devrait d’actualité. C’est surtout ça mon point, si vous ne l’avez pas compris. Aucunement je n’ai voulu dire que cette Justine méritait ce qui lui arrivait et encore moins que c’était de SA faute.

        • Maryane Daigle

          Je comprends mieux votre point de vue!

    • Michaël Lessard

      Vous sur-estimez la sensibilisation faite sur le sujet et la réelle compréhension que les gens ont du « consentement ». Vous semblez également sous-estimer la force des normes sociales ainsi que la manière assez subtile dont ce type d’abus peut s’articuler.

    • Jade

      Le manque de confiance en soi modifie beaucoup notre comportement et notre vision des choses dépendamment des contextes, même si on est averties, et même si on est féministes.
      La peur d’être moins « belle » ou « efficace » qu’une porn star pèse beaucoup, même quand on sait pertinemment que c’est virtuel, et la peur de se faire tromper peut rester présente malgré le fait qu’on est en 2015. Elle, elle l’aimait et vivait ces sentiments, donc je pense qu’il est tout à fait possible de vivre ce genre de relation amoureuse sur du long terme avant d’y mettre fin. Aussi il nous arrive à tous, tout contexte confondu, de réaliser seulement l’évènement passé qu’on s’est fait manquer de respect lorsque qu’on peut se permettre une introspection ou qu’on n’est plus « dedans ». Par exemple se rendre compte qu’un emploi n’était vraiment pas adéquat seulement une fois qu’on n’y travaille plus. C’est commun.

      Malgré une bonne éducation notre perception de soi modifie notre potentiel sur plusieurs aspects de notre vie.

  • Alexandre

    Merci d’exister, Urbania!

  • Catherine Leblanc

    Merci de publier des textes comme ça. En le lisant hier, je suis retournée 10 ans en arrière. J’ai l’impression que c’est mon histoire que j’ai lue, à quelques détails près. Ça m’a brassé pas mal, mettons. Quelques 5 ou 6 années après avoir rompu avec le type, je me suis rendue compte que ma relation était fortement teintée de manipulation, d’abus et de violence psychologique. Il m’a jamais frappée, ni violée, alors, je me suis toujours dit que c’était juste des problèmes de couple normaux, des conflits de personnalité, de valeur. La première fois que j’ai pris conscience qu’il y avait rien de normal dans cette relation-là, je suis tombée en bas de ma chaise. Et hier soir, en lisant ceci, ça m’a ramené au cœur de tous ces souvenirs auxquels je n’aime pas trop penser parce que, malgré les dix années passées, la blessure est vive encore. J’avais 20 ans dans le temps et je savais pas trop comment faire face. Je pense que je savais même pas que c’était problématique… Aujourd’hui, faut je remercie Lili Boisvert et Justine qui lui a raconté son histoire parce que vous rappelez que l’abus, c’est jamais des « problèmes de couples normaux ». Et merci aussi, parce que ça a venté fort dans ma tête hier soir et que je commence à me dire qu’il commence à être temps que je mettes un plaster là-dessus.

  • Marianne

    Même si cette dernière ne nomme pas le viol spécifiquement, lorsque le consentement est influencé par de la manipulation, une menace, du chantage etc. ceci est une agression sexuelle. SVP ne jouons pas sur les mots car une agression sexuelle reste une agression sexuelle. Trop de mythes disent que les agressions sexuelles ne sont pas présentes dans un couple car «il ou elle l’aime». Ça l’existe!

    • Charlie

      Faut aussi savoir faire la nuance entre ce que toi tu tiens absolument que cette situation soit et ce que l’autre t’explique que ce n’est pas, dans ce cas-ci elle te dit que ce n’est pas du viol, peux-tu respecter sa version? Personne ne dit que dans un autre contexte cela ne le serait pas, ici la personne concernée a pris soin de bien spécifier que ce n’est pas le cas, ça n’enlève rien au fait que oui le viol peut se produire dans des relations de couple sauf que dans ce cas-ci ça ne l’est pas au regard de la principale personne concernée, on peux-tu respecter sa version? Merci pour elle.

  • Jake

    Fréquenter des femmes, ça commence à faire peur. Si elle a prit un verre, elle n’avait pas toute sa tête, c’est du viol. Elle regrette le lendemain, c’est du viol. Elle dit « oui » et s’engage dans une relation sexuelle, pas parce qu’elle est forcée physiquement ou sous forme de chantage mais elle ne veut pas blesser son beau chum, c’est du viol. Dire à une fille qu’on ne connait pas qu’elle est jolie, gros machisme dégueu. Tu payes pour son repas, t’es un gros mâcho paternisant. Tu payes pas pour son repas, t’es cheap et tellement pas gallant. Trop beau, c’est pas bon, trop laid, non plus. Après 15 mois de célibat volontaire (oui oui, volontaire), ça ben l’air que jsuis parti pour un autre bon bout de temps. Je vais rédiger des décharges pour faire signer toutes les femmes que je rencontre.

  • Jake

    Une nuit, il y a quelques années, quand j’étais en couple avec une demoiselle, je l’ai embrassé pendant qu,elle dormait à côté de moi. On a commencé à s’embrasser dans le noir, sans dire un mot. Puis, one thing to the next, on baise, on finit, on se rendort. Elle n’a dit oui, ni non, nous n’en avons pas reparlé. Est-ce que je l’ai violé?

  • M. X

    Bonjour Mme Boisvert,

    Je suis un homme de 30 ans, célibataire mais qui a été en couple pendant 6 ans.

    J’ai décidé de garder mon nom anonyme car je tiens à préserver ma vie privée et celles qui a été ma compagne durant cette période.

    L’histoire que vous décrivez me touche beaucoup et me rend très mal à l’aise car ce type de comportement abusif se retrouve aussi chez les femmes et c’est ce qui m’est arrivé

    Lorsque j’ai rencontré mon ex, nous étions à nos premiers amours : ce fut notre 1ère vraie relation à tous les deux et comme toute première relation, on veut explorer notre vie sexuelle conjugale mais mon ex semblait plus timide. À l’époque, je comprenais parfaitement car étant aussi novice, je voulais surtout qu’elle se sente bien.

    On a commencé à faire certaines pratiques mais mon ex semblait, dès les premiers mois, très mal à l’aise avec le concept de la pénétration car elle m’avait avoué qu’elle était obsédée par le fait de tomber enceinte : sans compter qu’elle avait une faible connaissance de son corps et que la sexualité dans sa famille semblait tabou. Donc, lors de notre 1ère année de vie commune, nous n’avons pas pratiqué la pénétration car je voulais surtout lui laisser le temps.

    Mais à la fin de notre 1ère année, je commençais à montrer des signes d’impatience car elle ne semblait pas faire d’effort dans notre vie sexuelle. En lui expliquant calmement ( mais clairement ennuyé de cela) ce que je ressentais, elle piqua alors une colère et quitta ma chambre que j’avais sur un campus universitaire.

    Quand elle est revenue, c’est là qu’elle m’avait expliqué le défi qu’elle devait passer afin de se sentir épanouit. Dès lors, je m’étais donné la mission de l’aider à s’épanouir sexuellement. Notre apprentissage sexuel allait de bon train mais toujours pas de pénétration.

    Je tiens à préciser que mon ex, malgré ces très grande qualités d’intelligence et de conscientisation. avait des aptitudes sociales un peu hors norme dans la mesure où elle refoulait tout ce qu’elle vivait de négatif, n’en parlait pas à ces amis ou à moi (et les voyait peu malgré mon soutien à aller se changer les idées avec elles car je savais que cela lui faisait beaucoup de bien) et surtout, elle avait une attitude très bourgeoise et une vision des autres parfois méprisante. Ce sont des comportements que j’ai découvert progressivement avec le temps mais certains d’entre eux avaient empirés avec le temps.

    Donc, à notre 5e année de vie commune et après les études qui ont été un facteur ne favorisant pas nécessairement notre vie sexuelle, j’avais remarqué que jamais depuis le début de notre relation, elle avait envie de moi : c’était toujours moi qui devait venir vers elle pour ça. Dès ce moment, n’importe quel humain aurait commencé à se sentir mal dans sa peau ( ne pas se sentir désirer par l’être aimé quand on l’aime est un des sentiments les plus difficiles que j’ai dû à vivre) et puisque je n’étais pas satisfait de ma vie sexuelle ( car j’étais toujours puceau de la pénétration), je commençais à consommer de plus en plus de drogues afin de soulager ma souffrance. Un jour, je lui en fait part de ma souffrance, elle ne semblait pas s’en préoccuper plus qu’il n’en faut et son incapacité à faire de l’introspection ( se considérait au-delà de ça) me désolait au plus haut point
    .
    Ayant moi-même toujours eu des problèmes de confiance en moi et ayant une léger phymosis, je ne savais plus quoi faire pour l’aider autre que de demander conseil à mes amis de filles mais à un moment, elle avait réussi à me convaincre que c’était mon phymosis qui m’empêchait de la pénétrer. Afin de vérifier si ce n’étais pas moi le problème, on a décidé de m’acheter un jouet sexuel et c’est à ce moment que ce n’étais pas moi mais elle qui avait un problème de contraction des muscles pelviens. C’est à ce moment que j’ai insisté pour qu’elle consulte une sexologue. Mon erreur est de ne pas l’avoir accompagné car c’est à ce moment là que les choses ont vraiment commencé à mal tourner : elle était incapable de faire face à son problème.

    Tout d’abord, elle m’avait dit que s’était moi le problème, que j’avais une sexualité hors-norme ( ce qui était évidemment faux) et commençait à boycotter tous ce qui était sexuel en dormant dans ma face à tout moment. Étant de plus en plus malheureux, je décide alors de planifier de la quitter dès que je serai en mesure de me trouver un emploi ( j’étais en recherche d’emploi) mais après 8 mois de recherche et de frustration ( car vivre avec elle était devenu un cauchemar car elle m’achetait des trucs afin de compenser le manque de sexe, ce que je déplorais ), je décide de faire mes valises et de la quitter. C’est à ce moment qu’elle me supplie de rester et qu’on allait repartir de nouveau. Voulant toujours que notre relation fonctionne, je resta. Quelques semaines après, nous partions en croisière avec la famille de mon ex et dès ce moment, elle commença à faire du boudin et à sous-entendre devant sa famille que je suis le « bad guy » du couple. La goutte qui a fait débordé mon vase a été quelques semaines après la croisière quand elle essaya de contrôler mes allées-venues : c’est alors que j’ai décidé à ce moment que notre relation était bel et bien finie.

    Au même moment, elle a commencé à me narguer avec des remarques méprisante, me coupa toujours la parole, faisait des crises de colère à chaque fois que j’ouvrais la bouche.

    Vous comprenez que dans ma situation, la violence verbale a commencé de part et d’autres à être carrément méchante : complètement à terre et convaincu que notre relation se terminera, j’eu décidé d’aller coucher avec une autre femme. Je sais que c’est pas très classe de faire ça mais après des années d’abstinence ( je ne l’avais jamais trompé jusqu’à lors) et de mépris, je n’ai pas le sentiment que j’ai fais quelque chose de mal car comme je le dis, la relation était terminé.

    Quand tout c’est su, vous comprendrez que je me suis senti mal car on était officiellement toujours ensemble mais il a fallu encore une fois que je fasse les démarches afin de savoir si elle voulait continuer .

    Sa réponse, vous pouvez en conclure, a été non

    Ayant des problèmes partout dans ma vie à ce moment-là, j’étais devenu suicidaire et le lendemain de l’annonce de notre séparation, j’ai fais une tentative de suicide car je ne pouvais plus supporter ma vie et le fait que j’avais tellement donné à cette relation pour qu’elle marche m’avait complètement épuisé.

    Donc, ma première relation de couple a été un lamentable échec : ne voulant pas de part et d’autre rester seul, on s’est toléré jusqu’à l’écoeurantite aigüe… encore aujourd’hui, j’ai de la difficulté à ne pas penser à elle de façon négative car, à défaut d’autres mots, elle m’a traumatisé au point que j’ai encore de la difficulté à être dans l’intimité avec les femmes ( toujours l’impression qu’en et que cela peut expliquer en partie le fait que je ne sois pas capable de me trouver une véritable âme soeur. Au moins, j’ai appris ce que je ne devais plus faire si je retourne en couple…

    Je suis aussi conscient que j’ai parfois mal agis et que s’il y a des femmes qui pensent que j’ai été un mauvais amant, sachez que j’en suis désolé car j’ai vraiment essayé de faire du mieux que j’ai pu.

    Bref, la raison que j’ai écris cela est qu’en étant un homme progressiste et féministe, qui a toujours revendiqué l’égalité des sexes et valoriser les femmes ( car cela n’a pas affecté mon appréciation de la femme en général ), je me suis senti le besoin de raconter que ce n’est pas que les hommes qui peuvent blesser et que le contraire est tout aussi vrai.

    L’abus n’a pas de sexe.

    • Anne-Claudel Parr

      Tu as agit en vrai gentleman, tu n’as rien a te reprocher. Ton ex copine te méprisait en ayant aucune introspection, comme tu l’as mentionné. Tu m’as l’air d’une très bonne personne et tu trouveras un jour ton âme soeur!
      Bonne chance!

  • Mme C

    C’est comme l’histoire de ma vie… :( J’ai une manque de confiance en moi, j’ai peur, PEUR.