Le 12 avril 1980, Terry Fox a quitté Terre-Neuve avec un objectif : traverser le Canada à la course. Atteint d’un cancer — qui l’avait déjà laissé amputé d’une jambe —, le jeune homme souhaitait amasser des fonds pour la recherche sur la maladie. Au moment où la progression du mal l’a forcé à interrompre sa course, il était devenu l’idole d’un peuple. Il est décédé moins d’un an plus tard. Non sans difficulté, nous avons trouvé une médium d’expérience (Chantalle) qui a pu contacter l’enfant chéri du Canada et servir de relais lors d’une entrevue réalisée par webcam.

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Bonjour Terry! Content de te parler. Je peux te tutoyer? Allons-y! Es-tu fier d’être Canadien?

Terry Fox (via Chantalle) : J’ai un message à vous transmettre : la fierté. La fierté est une chose, mais transmettre l’espoir en est une autre. L’amour et la collectivité sont les plus grandes fiertés. Pour répondre à votre question, je suis fier d’être Canadien. Vous avez appris à être de plus en plus autonomes — ou individualistes —, mais mon message d’espoir à moi était de se rassembler ensemble pour non pas vaincre, ni combattre, mais ouvrir une route sur vos rêves et vos objectifs.

Tu apparais sur deux timbres, au moins un parc et une montagne portent ton nom. Pensais-tu marquer les gens à ce point?

Non. Ma famille m’a transmis les bonnes valeurs et les bonnes raisons et je suis une personne de cœur et de partage. Par moment, j’ai été très déterminé, mais c’était dans un but constructif.

Qui est ton plus grand héros canadien?

Je suis un grand fan de sport! J’ai donc plusieurs héros dans mon cœur. J’ai un petit penchant pour le hockey, mais j’aime aussi le basketball. Je n’ai toutefois pas de préférence de joueur. J’ai aussi beaucoup d’admiration pour les gens qui ont de la détermination.

Être l’idole d’un peuple, c’est dur à porter?

Ce n’est pas un poids, mais plutôt un désir de voir ma détermination avancer… J’aurais eu beaucoup d’énergie et une grande force pour continuer cette bataille. J’aurais aimé donner de la confiance et de l’espérance à ceux qui peuvent être découragés. Baisser les bras ne changera pas une situation. Alors non, je ne ressens pas cette popularité et je ne m’y attendais pas.

Lis-tu ce que tes fans disent à propos de toi sur internet?

Dans mon monde vibratoire, nous fonctionnons de façon émotive, alors je ne peux lire l’écriture. Toutefois, je ressens tout l’amour et l’encouragement qui m’est envoyé. De plus, je connecte avec les êtres humains qui vivent une bataille difficile, et ce, à cause de mon expérience.

Comme il s’agit d’une entrevue assez exclusive, peux-tu nous confier un petit secret?

TF : Hmm… Je ne sais pas si pour vous ce sera un secret, mais j’ai eu de grandes peurs lorsque j’ai commencé ma course. Par moment, j’avais peur de décevoir les gens et de ne pas pouvoir accomplir mon objectif personnel.

Merci beaucoup Terry. La prochaine fois que j’aurai envie de baisser les bras durant mon jogging, ta fierté et ta détermination seront mes guides!

Ce texte est tiré du URBANIA Spécial Canada. Pour te procurer ton exemplaire, c’est ICI.