Mes hommages.

 

En ce vendredi matin pluvieux où Météomédia se battra jusqu’à la mort pour nous faire croire qu’il s’agit de gouttelettes et non de pluie – parce que le terme pluie, c’est pas joli. C’est déprimant. Et il semblerait que ce soit pas respectueux pour l’eau (la gouttelette étant à l’eau ce que la personne de petite taille est à Paul Cagelet) – et comme il pleut-gouttelettes et que c’est pas chaud pour la pompe à l’eau, donc, le blues s’accrochera peut-être à vos basques comme les feuilles mortes aux rebords de culottes de Milhouse.

Pourtant, en août, l’automne, on l’attend avec tant d’impatience.

La petite fraîche. Les photos à contre-jour dans une échelle, après cueillir une ruby red delicious et oh! LE TEMPS DES CHANDAILS.

Tu le sais, ça fait trois semaines que t’en parles.

Sweater weather (à prononcer en boucle). Existe-t-il extase plus aiguë que le fait de se sortir les manches longues, se les passer sur la noix et de se tapoter les bras couverts de molleton en frissonnant d’extase à la seule perspective de porter un coton ouaté?

On vire fous.

Mais certains virent apparemment plus coucous que d’autres. Car par-delà le formidable monde du temps des chandails (n’essayez pas d’en discuter avec vos aïeuls; eux, c’était le temps des cerises) existe une infinie possibilité de techniques éprouvées pour affronter le blues de l’automne.

Vous pensez à la lampe solaire, n’est-ce pas.

Mon réflexe premier, aussi.

Mais il y a autre chose.

C’est que, entre deux petits contrats de rédaction, il m’arrive de m’égarer sur la toile et de me divertir le bulbe dans de sombres ruelles où l’on retrouve des captures d’écrans d’ambulances en route pour répondre à un appel d’urgence (j’ai essayé le cube rubique; mais je préfère les captures d’écran). Des captures d’écran qui ne disent rien qui vaille:

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Si. Une poire.

Cessez. Il n’y a guère place à la risette. À l’étonnement et à l’effroi, certes (et peut-être un peu aux poires, aussi).

J’avais, comme tout le monde, entendu ces sombres récits de pauvres loirs, arrivés aux urgences avec un pot Mason ou un cor des Alpes dans le siège et une formidable explication pour expliquer l’objet de leur démarche western.

Mais cet appel, cet appel à l’aide d’un amant des récoltes d’automne m’a profondément touchée. Et je refuse d’être dans le jugement, ici.

T’es assis dans ta cuisine. Tu feuillettes tranquillement un magazine. Le téléphone sonne. Tu discutes avec mamie. Tu brasses le stew qui mijote doucement sur la cuisinière et pendant que ça crépite, t’en profites pour sortir ta petite brassée de délicat (c’est que tu en fais, des affaires). Tu constates que t’as encore oublié un kleenex dans tes poches de jeans. Ta brassée est ruinée. Le stew déborde. Le détecteur de fumée part. Mamie te rappelle. Le chien se traîne les fesses sur le bill d’Hydro que t’as oublié de payer. C’est le chaos.

Puis, le black out.

Et la première affaire que tu sais, c’est que t’es couché à plat ventre sur la civière d’une ambulance avec une poire dans le derrière et une carence en dignité.

Mes agneaux, aujourd’hui, prenez le temps de saluer ce collègue de travail, celui qui tient tant à sa brocheuse et qui sent le bouillon. Souriez au changeur qui ne maîtrise pas le programme pour remplir votre carte Opus malgré ses trois stages de formation. Tenez la porte à cette dame avec un drôle de chapeau.

Parce que cette personne que vous ignorez est peut-être à un bill d’Hydro de se rentrer un fruit dans le fion.

Si tel est votre cas, accrochez-vous. HANG IN THERE.
Il y a sept saisons de Gilmore Girls sur Netfilx.
Les lattés au relents de feeling de citrouille.
La brise.

Et ceci.

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La maxi bise.

  • Laurent Perreault

    Bravo pour la «démarche western». Du génie. Point barre.