Accessibilité métro

C’est demain qu’a lieu À la porte, magnifique projet entamé il y a plus de six mois avec les talentueux gaillards de Portraits de Montréal. Aperçu de nos revendications.

Cette année, nos voisins du sud célèbrent le 25e anniversaire d’une de leur loi, le Americans with Disabilties Act. Celle-ci, depuis sa création, a permis d’abolir nombreuses barrières architecturales qui brimaient les droits et libertés des personnes handicapées. Rare que je félicite les Américains pour leurs mesures sociales, mais cette fois j’applaudis à deux mains. Vous constaterez vous-même lors de votre prochain voyage à New York ou même à Ogunquit comment ils ont de l’avance sur le Québec en matière d’accessibilité.

Les Américains ne sont certainement pas les rois de la justice sociale, mais ils ont à cœur deux valeurs : la liberté et le patriotisme. Il était donc inconcevable pour eux que leurs militaires, revenus atrophiés ou blessés du Vietnam, ne puissent plus avoir accès aux mêmes établissements que leurs concitoyens pour lesquelles ils s’étaient battus. L’accès sans discrimination est en effet une pierre angulaire de la liberté et les Américains l’ont compris rapidement.

Avec ses sanctions persuasives, cette loi a fortement incité les institutions du secteur privé et public à ouvrir leurs portes à tout le monde. Le modèle législatif a ensuite été reproduit, avec les mêmes succès, en Ontario et ailleurs dans le monde. Cette année, l’Ontario fête les 10 ans de sa loi sur l’accessibilité, et dresse un bilan de mi-mandat vers l’accomplissement d’une province totalement en 2025. Le Manitoba et la Colombie-Britanique emboîtent le pas. La France a également sa loi-cadre.

Et le Québec?

Notre juridiction s’est dotée en 1978 d’une loi pour les personnes handicapées qui a subi une modification en 2004. Mais cette mise à jour n’aura été qu’une occasion ratée de lui donner des objectifs concrets et des mesures coercitives, à l’image des modèles étasunien et ontarien. Cette loi est fondée seulement sur le devoir moral si ce n’est que si le bon vouloir des organismes publics et ne dicte aucune obligation de résultat. Elle ne possède même pas d’échéancier. Les municipalités et autres institutions publiques sont seulement tenues de rédiger des plans d’action et de développement.

Cette absence de volonté politique s’explique mal et fait un peu du Québec l’enfant pauvre de la fédération en matière d’accessibilité. Les exemples sont multiples : une station de métro inaccessible fermée pendant quatre mois sans aucune amélioration planifiée, un train de banlieue inauguré avec le trois quarts des stations inaccessibles, des commerces récemment ouverts qui tiennent leur porte fermée à une clientèle à mobilité réduite, l’absence de sous-titres à la télévision et sur Internet, etc.

Ce manque de vision et d’ambition nuit à l’inclusion des personnes avec un handicap et ralentit la société en la privant du précieux apport social et économique de ces citoyens.

C’est pour ça que la création d’une loi-cadre au Québec est l’une des revendications mises de l’avant pour le projet À la porte, avec d’autres qui seront dévoilées demain lors du lancement officiel.

En attendant, chers lecteurs et chères lectrices d’URBANIA que j’aime et qui m’ont manifesté tellement d’appui depuis que j’écris sur ce blogue, je vous fais parvenir en primeur la pétition qui sera lancée demain. Vous pouvez d’ores et déjà la signer et la faire circuler. Vous retrouverez plus de détails dans le libellé officiel.

Jetez aussi un coup d’œil à ce blogue.

À bientôt!

 

  • Alexander Guerra

    L’année passée, j’ai créé sur papier un organisme de bienfaisance qui octroierait des certifications d’accessibilité basées sur 4 axes (architecture, communications, services, formation des employés) aux diverses organismes et entreprises qui en feraient la demande. Les information recueillies auraient ensuite été diffusées à grande échelle et de manière accessible au grand public. La certification en accessibilité aurait été dans la même veine que les certifications d’équité pour les cafés ou pour les aliments bios. Hélas, peu d’intérêt et d’enthousiasme pour ce projet de la part des instances influentes.

  • PHC

    Et qui va payer pour tout ça? Combien de $ de déficit est-ce que la STM devra faire? Combien est-ce que les usagers du métro devront payer de plus par mois pour couvrir ces frais importants? C’est beau rêver mais il faut revenir sur terre.