C’est la fièvre. Tous les amateurs de la rondelle sont frappés par cette maladie intense et mystérieuse. Causes, symptômes et traitements de ce phénomène étrange.

1. LA TEMPÉRATURE
En dehors de la saison du hockey, la température habituelle d’un quidam comme vous et moi oscille en général entre zéro, boulot, dodo et, parfois, vélo. En début de saison, elle atteint rarement la température d’une grosse Mol tablette alors qu’en plein été, quand il fait chaud, gluant, humide et que la seule glace disponible, c’est celle que l’on trouve sous forme d’eau dans le fond de la glacière, elle descend facilement sous la barre du néant.
La température du corps humain (ceci s’applique, quoique plus rarement, aussi au corps féminin) peut subitement augmenter et passer de zéro à débile en quelques secondes. On parle alors de fièvre, il s’agit d’une réaction de défense de l’organisme face aux émotions qui le submergent à la vue d’un millionnaire en patins ou d’une rondelle de caoutchouc. La température se mesure par tous les trous du corps, certains étant plus chauds que d’autres, mais là n’est pas le propos de cet exposé hautement scientifico-subjectif.

2. LES CAUSES
Les principales causes de la fièvre du hockey sont :
– Le début de la saison de la LNH. Symptômes : petites poussées de fièvre bénigne.
– Une qualification pour les séries. Symptômes : fièvre contagieuse.
– Un but marqué en infériorité numérique. Symptômes : fièvre virulente de courte durée.
– Un tour du chapeau. Symptômes : fièvre hilare.
– Un défilé de la Coupe Stanley (rare). Symptômes : fièvre incontrôlable. On parle ici de pandémie.

3. SYMPTÔMES
L’odeur de la Coupe est un signe avant-coureur de fièvre. Aucun des experts et des gérants d’estrade consultés pour cet article n’a pu cependant nous dire ce que sent la Coupe.
Lorsque la fièvre augmente, le corps émet des substances qui entraînent des signes rigolos et colorés. Si vous n’avez pas ces symptômes, vous pouvez vous les procurer dans des magasins à escomptes, des boutiques de cossins ou à l’échoppe du Centre Bébell. On parle alors de fièvre acheteuse.
Des plaques bleu blanc rouge peuvent apparaître sur le visage. Des sigles du tricolore peuvent également couvrir le torse, les bras et, plus rarement, les fesses. L’irruption cutanée de logos du CH sur les visages imberbes et parfois même sur les faces de messieurs plus habitués à la cravate qu’à l’écharpe tricolore est un signe que la fièvre est dangereusement contagieuse.
Lorsqu’il y a pandémie, d’autres symptômes beaucoup plus insidieux peuvent apparaître comme l’autocollant sur le pare-choc, le foulard tricoté par mémé en pleine canicule, le drapeau en plastique sur le toit de l’auto ou le graffiti urbain simplifié : « Go Habs Go. »
Certaines personnes atteintes de fièvre peuvent faire des choses extravagantes. Il ne faudra donc pas s’étonner de voir des gens sérieux se lever et danser sur leur chaise en criant ou des jeunes filles blondes et alertes lever leur chandail afin de montrer qu’elles aussi savent compter jusqu’à deux.
Les cas de fièvre les plus virulents entraînent une baisse radicale de jugement. Certains spécimens se transforment alors en primates cassant tout sur leur passage.

4. TRAITEMENT
Pour faire baisser la fièvre, on utilise principalement des molécules brassicoles. Ce médicament commun est vendu en bouteilles, en canettes ou en fûts.
– 330 cl [dose adulte] dans chaque main.

5. TRAITEMENTS PAR LES PLANTES
La fièvre peut se soigner aussi bien par les médecines douces que par les alcools forts.
– Le houblon, utilisé en général sous forme de tisane effervescente servie froide.
– La patate, utilisée sous forme de chips.
– Les ailes de poulet ne sont pas considérées comme des plantes.