Les baby-boomers sont plus éduqués, plus fortunés et plus exigeants que leurs aînés. Maintenant que la plupart d’entre eux sont à la retraite, se contentent-ils des reprises des Feux de l’amour pour se divertir? Pour le savoir, Urbania a rencontré Pierre Pelletier, le président du club de l’âge d’or du Centre Claude-Robillard, entre deux séances de spinning.

Comment vous êtes-vous senti le premier jour où vous vous êtes retrouvé à la retraite?
Quand je suis passé de 60 heures de travail par semaine à zéro, j’ai éprouvé un grand vide. Ça été un choc. Pendant les trois premiers mois, j’ai occupé le plus clair de mon temps en allant au cinéma et en faisant du ménage. Mais à un moment donné, je n’avais plus rien à nettoyer et je tournais en rond. C’est là que j’ai décidé de m’inscrire au Club Apador.

Et à quoi ressemblent vos journées maintenant?

Je me lève à 5h30 tous les matins. Je suis des cours de conditionnement physique, de spinning et de tai-chi. L’hiver, je vais en ski de fond deux fois par semaine et l’été, je joue au golf et je fais des randonnées de vélo. Y a pas longtemps, je suis descendu à Mont-Laurier en bicyclette avec le Club: j’ai parcouru 50 kilomètres par jour pendant quatre jours!

Le temps passe-t-il plus vite à la retraite ou paraît-il plus long?
Depuis que je suis membre du Club, j’ai l’impression qu’il passe plus rapidement que lorsque j’étais sur le marché du travail. Ce n’est pas pour rien que j’ai perdu 30 livres après avoir arrêté de travailler…

30 livres?

Maintenant, je suis plus en forme. Avant, c’était métro-boulot-dodo et je n’étais pas sportif du tout…

Que pensez-vous des retraités qui passent leur temps libres devant la télé?
Beaucoup d’aînés s’isolent et décident de se laisser aller; ils attendent que le temps passe. Certains disent que c’est parce que les nouveaux retraités sont beaucoup plus individualistes, mais je n’y crois pas vraiment. Ils n’ont juste pas trouvé d’autres passions que le travail, une fois à la retraite…

Les loisirs des aînés ont-ils évolué au cours des dernières années?
Je me souviens, quand j’étais petit, les retraités prenaient l’autobus à la pharmacie. Le chauffeur les amenait n’importe où, ils sortaient, ils prenaient un coup et ils revenaient le soir chez eux. On appelait ça des «nowhere». Aujourd’hui, les aînés veulent plus faire des tours d’autobus et rester assis toute la journée.

Pourquoi?
Les baby-boomers sont beaucoup plus éveillés aux bienfaits des activités physiques que les précédentes générations de retraités. Ils sont plus actifs et plus aventureux. Ils veulent faire des randonnés pédestres et manger dans des relais en forêt!

Dépensent-ils beaucoup d’argent pour leurs hobbies?  

De plus en plus. Avant, c’était le Club qui fournissait les vélos et l’équipement de badminton aux membres. Maintenant, les nouveaux retraités sont plus fortunés et plus équipés. Ils ont des skis de fond en écailles de poisson, des raquettes derniers cris et un vélo valant parfois jusqu’à 2000$. Ils investissent beaucoup parce qu’ils savent que leur temps est compté et que ça risque d’être la dernière fois qu’ils se permettent ce genre de folie…

Parfois, avez-vous l’impression que vous n’aurez pas le temps de faire tout ce que vous auriez voulu?
C’est sûr que je sens la fin approcher. Je ne veux rien gaspiller. Toutes ces activités que je fais, c’est ma manière d’affirmer que j’ai le contrôle du temps qu’il me reste.

Assistante Photo: Julie Artacho
Montage: Noémie Darveau